Bases de la caractérologie

Dimanche 1 mai 2011 7 01 /05 /Mai /2011 04:50

La personnalité est définie comme étant le caractère avec en plus tout ce que la vie a apporté au caractère (influences naturelles, sociales, de la formation, de la profession...)

La personnalité manifeste extérieurement, non pas le caractère pris dans son acception abstraite, mais dans ce qui lui donne une expression singulière, individualisée.

Louise Pépin nous dit "les virtualités du caractère permettaient la construction de personnalités autres et pourtant clivées par les données originelles".
in La caractérologie et ses applications.


Le caractère est la forme solide, stable, invariable qui est le noyau central de la personnalité.

Le moi est au centre du lien entre la personnalité et le caractère. Les caractérologues considérent le moi comme libre, car il spécifie et peut encore spécifier le caractère par une personnalité qui a évolué et qui peut encore évoluer. Toutefois, cette liberté du moi garde une limite, celle que lui confère le caractère et ses puissances.


Le Senne définit ce qu'il nomme la psychodialectique du moi :

"c'est l'ensemble des réactions par lesquelles le moi répond aux problèmes qui lui sont posés, soit par son caractère même, soit par le rapport entre ce caractère et son milieu."
in Traité de caractérologie.


En termes simplifiés, Louise Pépin résume : "la psychodialectique du caractère est la prise en charge de ce caractère par le moi".
Ibid.

Ces quelques lignes résument fort bien ce que nous expérimentons quotidiennement. Les évènements de la vie, les situations, nos relations avec les autres nous dévoilent chaque jour un peu plus les facettes de notre caractère. Et nous savons très bien, même de manière intuitive, que notre adaptation aux circonstances, notre souci d'harmoniser les relations avec les autres nous plongent au coeur de cette psychodialectique.

Une des causes de tension intérieure que certains d'entre nous peuvent connaître, une des causes de maladresse dans les relations humaines, une des causes de manque de maîtrise de soi, une des cause de manque de confiance en soi se trouve dans la façon dont cet ajustement qui se fait entre la personnalité et le caractère.

La première étape est de découvrir son caractère...

A l'heure du développement personnel et du coaching, il y a là une matière riche et originale à creuser.


Par Olivier ARNAULT - Publié dans : Bases de la caractérologie
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Dimanche 1 mai 2011 7 01 /05 /Mai /2011 03:49

L'émotivité est un sujet fréquemment abordé dès que l'on parle de connaissance de soi : gestion des émotions, intelligence émotionnelle, rôle des émotions dans le management, les relations, le commerce. J'ai souvent remarqué au cours de formations, que beaucoup de personnes en parlent sans être capable de la définir, ni de la décrire précisément.
Il me semble que la première étape dans l'approche de la gestion de l'émotivité, est de bien comprendre ce que c'est, de l'identifier, d'en comprendre le fonctionnement.

Je ferai en préambule une remarque : l'émotivité est modulée dans ses manifestations par d'autres facteurs de la personnalité. Il serait trop restrictif de se contenter de chercher à comprendre une personnalité à travers son degré d'émotivité et ses modalités. Toutefois, il est clair que c'est un facteur important de la personnalité et que ses conséquences dans le comportement et les relations humaines sont importantes.





Qu'est ce que l'émotivité ?

Voici quelques définitions données par les caractérologues :

« Etre ému, c'est être troublé »  Gaston Berger in Traité Pratique d'Analyse du Caractère

René Le Senne décrit ce trait général de notre vie mentale qui fait que tout événement subi par nous (perception ou pensée) provoque dans notre vie organique et psychologique un ébranlement plus ou moins fort : « l'événement agit comme un agent de déflagration ; une quantité plus ou moins grande d'énergie, antérieurement en réserve dans notre organisme, est libérée. » in Traité de Caractérologie.

« L'émotivité est la facilité à éprouver des troubles dont l'importance est hors de proportion avec les stimulations d'origine externe (évènements, situations) ou internes (pensées, sentiments) qui en sont la source » Source revue La Personnalité - 2004-46 - SIEPEC - ISSN 0247-204X

Il ressort donc que l'émotivité est cette capacité que nous avons tous à être ébranlé psychologiquement et/ou physiologiquement par une influence intérieure ou extérieure.

Nous notons également que chacun de nous a un degré d'émotivité plus ou moins marqué, un seuil d'excitabilité plus ou moins élevé.

D'autre part, les stimuli provoquant l'émotivité sont variés selon les personnes :  situations relationnelles, circonstances, pensées, perceptions sensibles (musique, poésie, spectacle, pleurs, évocations, rires, odeurs...)
Etant donné la grande variabilité, il est impossible d'en établir une liste exacte.
Pour une même personne, l'émotivité peut varier (en plus ou en moins) avec la fatigue, la maladie, l'histoire personnelle (perte d'un proche par exemple).
 
« Cette sensibilité à l'événement qui va évoluer au cours de l'existence et qui peut être masquée ou maîtrisée bien que toujours sous-jacente, peut prendre dans la vie des formes différentes, voire opposées, de la violence destructrice jusqu'à la créativité la plus sublime et susciter souffrance ou joie intense, enthousiasme ou haine avec des passages parfois de l'un à l'autre. »  Claude Guilmault - La Nouvelle Caractérologie Comportementale.

Continuons plutôt à essayer de cerner cette notion d'émotivité.


Etes-vous émotif ? Quelques symptômes

La conséquence de cette réaction organique et psychologique peut être d'intensité variable, plus ou moins durable et se traduire par des effets viscéraux intérieurs (accroissement de la conscience de l'émotion) ou par des réactions sur le monde extérieur.

La première remarque importante est que l'émotivité ne se manifeste pas forcément par des symptômes extérieurs évidents à l'observation. Elle peut rester sous forme de « crise intérieure » et se manifester par des petits signes discrets : changement de la modulation de la voix, légère mimique sur le visage, geste parasite...

Voici quelques points de repère pour détecter l'émotivité chez vous ou dans votre entourage. Encore une fois, il ne s'agit pas d'une liste exhaustive, mais plutôt de points de repères que vous pourrez enrichir par votre expérience personnelle et vos observations.

Dans ses études statistiques, René Le Senne identifie les symptômes les plus courants de l'émotivité :

mobilité, humeur alternante, impulsivité, excitabilité (et même auto-excitabilité),
utilisation de superlatifs, de mots excessifs...


On peut également trouver dans la liste des symptômes de l'émotivité :

disproportion entre l'importance objective d'un événement et l'ébranlement de la personne, exagération de la menace, réactions vives (même si elles sont intérieures),
impressionnable, subjectivité...


La personne chez qui l'émotivité est vive est souvent l'objet de tension nerveuse, de tension intérieure.
On peut également la repérer par des attitudes :

voix forte, criarde, abondance de gestes, contractions du visage, mimiques, mouvements amples, accélération du débit des paroles, variation du ton...


Sous l'emprise de l'émotivité, la personne sursaute à un bruit soudain, est troublée par une nouvelle imprévue, éprouve de grandes joies ou de grandes tristesses, ne peut faire un travail que s'il plaît, est très sensible à l'ambiance, prend tout très à coeur (peut se montrer facilement blessé, est susceptible en cas de critique ou au contraire heureux en cas de compliment), donne trop d'importances à de petites choses...

Voilà une première approche qui vous permettra peut-être de mieux vous y retrouver. N'hésitez pas à enrichir ces observations par vos commentaires.

Nous verrons dans un autre article, quelles sont les conséquences de l'émotivité dans les relations humaines et dans l'activité professionnelle.

Par Olivier ARNAULT - Publié dans : Bases de la caractérologie
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Dimanche 1 mai 2011 7 01 /05 /Mai /2011 03:47

Après avoir cerné les ressorts de l'émotivité, je vous propose maintenant d'en voir les conséquences, et plus précisément les avantages et les points de vigilance. Les traits que je vais donner constituent le fond de l'émotivité mais ces effets peuvent varier en intensité et en qualité en fonction selon les circonstances, des personnes et de l'association à d'autres facteurs du caractère (activité et retentissement essentiellement).


Effet sur les capacités cognitives

L'émotivité peut vivifier les capacités cognitives ou les troubler. L'émotivité teinte l'intelligence d'intuitivité, de capacité à « sentir » les réalités avec tout le risque de subjectivité qui en découle, de fourmillement imaginatif, créatif et même de capacités artistiques. L'intelligence émotive est plus pénétrante qu'abstraite.
L'émotivité conserve à l'intelligence une capacité d'émerveillement aux perceptions, un « oeil neuf ». Elle prédispose, par exemple, au goût pour les activités artistiques.
L'émotif peut être submergé par les impressions sensibles, d'où un risque de débordement par la pression de l'environnement, par des activités multiples, un risque de dispersion, qui conduit à un trouble du jugement, du discernement et à la difficulté de prendre du recul.
L'émotivité va également influer sur le niveau de perturbation de la personne en cas d'échec.
Elle peut conduire à une mauvaise appréciation de l'importance réelle des risques, des obstacles, à un manque de réalisme, d'où le risque de se « faire une montagne » des choses.
Le « sur-émotif » peut également être déconcerté par des données nouvelles et imprévues qu'il va avoir du mal intégrer.


Effets sur la capacité d'action

Comme pour les capacités cognitives, l'émotivité peut renforcer, stimuler les capacités d'actions ou au contraire les paralyser, les amoindrir.
Par exemple, dans la conduite d'un projet où l'émotif trouve un intérêt de départ, elle peut renforcer l'énergie de démarrage, l'allant initial, elle peut être un facteur de soutien pendant la réalisation. Poussée à l'extrême, cette interaction dynamisante entre l'émotivité et l'activité peut conduire à l'usure, au surmenage, par sur-estimation des limites organiques.
Elle peut aussi avoir un effet contraire et conduisant donc plutôt à un risque d'instabilité, d'action par saccades, de désorganisation.
Elle peut entraîner un décuplement de l'activité sous l'influence d'un choc émotionnel : le sujet opère des prélèvements d'énergie sur ses réserves profondes. En cas d'évènements graves, l'émotif peut se transformer en héros. L'émotivité a dans ce cas un impact évident sur la réactivité. Il peut aussi être paralysé.
Enfin, l'émotivité peut conduire à la lassitude devant la régularité de tâches à accomplir : il faut alors varier les aspects de sa fonction pour entretenir l'intérêt


Effets sur les relations humaines

« La réponse émotionnelle, variée et contrastée souvent, mais toujours perturbatrice, suit immédiatement la stimulation » Source revue La Personnalité ? 2004-46 ? SIEPEC
Ce qui implique dans la relation humaines des risques d'irritabilité, de réactions déconcertantes pour l'entourage (éclats, bouderies, rumination affective, susceptibilité, versatilité dans les affections, agressivité).
L'émotivité donne une grande réceptivité et de la châleur dans les relations. Mais l'émotivité faisant subir fortement les influences du milieu, elle peut mettre en défaut la maîtrise de soi.
Il faut bien sûr mentionner le décalage de perception réciproque entre une personne peu émotive et une personne plus émotive. Le « sur-émotif » peut regarder le « sous-émotif » comme quelqu'un de froid, de distant, manquant d'élan, lent. Inversement, le « sous-émotif » peut regarder le « sur-émotif » comme un agité, dispersé, superficiel, peu fiable...
C'est là un facteur de nombreuses incompréhensions entre personnes. Harmoniser les relations par la mise en évidence des différences et des complémentarités est aussi le rôle d'une formation à la caractérologie.


Conclusion

Retenons en synthèse que l'émotivité peut agir de deux façons sur le relationnel, la capacité d?action et sur les capacités cognitives : dynamisante ou perturbantes.
Comme on peut le voir, l'émotivité est une richesse de la personnalité qu'il faut apprendre à connaître dans sa nature et apprendre à reconnaître dans son fonctionnement en chacun de nous. La prise en compte de l'émotivité est également incontournable dans toute approche de gestion du stress ou de gestion de l'agressivité.
C'est ce que permet une formation à la connaissance des caractères : découvrir les modalités d'action de l'émotivité en soi et chez les autres, apprendre à mieux gérer ses conséquences dans les relations et dans l'activité professionnelle. Sans oublier que la maîtrise de soi passe par une fine connaissance de soi.

Par Olivier ARNAULT - Publié dans : Bases de la caractérologie
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Dimanche 1 mai 2011 7 01 /05 /Mai /2011 03:37

Définition du caractère

Commençons par la définition donnée par René Le Senne :


« Le caractère signifie l’ensemble des dispositions congénitales qui forme le squelette mental d’un homme ». Il ajoute : « ce caractère est solide et permanent »
in Traité de Caractérologie – Editions PUF

« Il assure l’identité de l’être humain à travers la durée »,  « Il est à la charnière de l’organique et du mental »
Louise Pépin – La caractérologie et ses applications – Editions Universitaires

« Le caractère, schème dynamique de la manière d’être au monde, antérieurement à toutes les spécifications, évolue selon les lois propres de sa structure, et ceci nous conduit fort loin d’un fixisme ridicule dans lequel on a voulu souvent enfermer la définition du caractère »
Roger Mucchielli – La caractérologie à l’âge scientifique – Editions du Griffon

Paul Grieger, dans Le diagnostic caractérologique – Editions Ligel, attire notre attention sur trois niveaux d’acception possibles du mot caractère :

- sens moral et fort : utilisé pour désigner ce qu’un individu peut devenir, à travers des expressions telles que « il a du caractère ».
- sens psychologique large : il ne désigne pas toute la personnalité, mais ce qui singularise ou individualise, souvent à travers la description des conduites humaines (Exemple : les caractères de La Bruyère).
- sens caractérologique étroit : ensemble des dispositions natives qui inclinent un individu toujours dans le même sens.

Il explique également que le caractère est le fondement de la personnalité, marquée dès la naissance. La première couche sur laquelle le reste s’édifiera.

S'intéresser au caractère revient donc à s'intéresser à la personnalité de ceux qui nous entourent afin de mieux les comprendre.


Caractère et personnalité

« La personnalité est la résultante du caractère et de tout ce que les circonstances qu’il a permises lui ont apporté, les influences naturelles et sociales, particulièrement celle de l’enfance, de la famille et de la formation professionnelle. »
Louise Pépin – La caractérologie et ses applications – Editions Universitaires

Ce même auteur nous dit que la marge de progression se situe d’un homme ou d’un enfant se situe dans l’écart qui existe entre le caractère et la personnalité, marge qu’il faut utiliser et valoriser.

La caractérologie n'est donc pas quelque chose de figé qui consiste à classer des personnes dans des catégories de façon définitive. Toute sa richesse découle de la façon dont elle va permettre d'accompagner le développement des richesses de chaque caractère et d'aider à en prévenir les défauts.

Enfin, le caractérologue ne doit jamais oublier que le caractère n'existe que dans la personne qu'il a en face de lui avec tout ce qui la distingue des autres personnes.

Nous sommes bien loin d'une approche mécanique et systématique de la personnalité et des relations humaines.

Par Olivier ARNAULT - Publié dans : Bases de la caractérologie
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