Lundi 2 mai 2011 1 02 /05 /Mai /2011 08:01


Cerner le caractère de quelqu'un passe par la découverte des principaux traits qui le composent. Les caractérologues ont donc travaillé à établir ces traits de caractères ou facteurs. Leur connaissance est très importante car elle permet, même au débutant, d'avoir les premières clés pour comprendre une personnalité.
Je parlerai d'abord de la typologie la plus connue, celle d'Heymans-Wiersma-Le Senne-Berger.


La structure de Heymans et Wiersma

Heymans et Wiersma ont dégagé de leurs travaux trois facteurs constitutifs du caractère :



Facteur Modalités Symbole
Emotivité émotif -  non émotif E - nE
Activité actif - non actif A - nA
Retentissement primaire -  secondaire P - S





Le croisement entre ces trois facteurs donne les 8 types de base :

EnAP     (ou nerveux)
EnAS     (ou sentimental)
EAP       (ou colérique)
EAS       (ou passionné)
nEAP     (ou sanguin)
nEAS     (ou flegmatique)
nEnAP   (ou amorphe)
nEnAS   (ou apathique)



Les facteurs de Le Senne et Berger

Pour compléter ce premier tableau, René Le Senne puis Gaston Berger enrichissent de propriétés complémentaires la structure d’un caractère :



Facteur Modalités Symbole
Largeur du champ de conscience large - non large L - nL
Polarité mars - vénus M - V
Avidité avide - non avide Av - nAv
Tendresse tendresse - sécheresse affective T - nT
Intérêts sensoriels interêts sensoriels -  indifférence sensorielle Is - nIs
Passion intellectuelle forme concrète - abstraite des intérêts intellectuels Pi - nPi


Il faut préciser que les appellations mars et venus n’ont rien à voir avec de l’astrologie. Il s’agit tout simplement d’une appellation métaphorique de deux types de relations aux autres : affrontement ou séduction.
Autre remarque les facteurs Av, T, Is et Pi sont appelés facteurs de tendance.

Nous arrivons alors à la structure la plus répandue qui permet d’avoir une approche fine de la personnalité.


Approches complémentaires

D’autres caractérologues ont enrichit la liste de facteurs afin de la compléter mais aussi de la préciser. On peut citer les facteurs :

sociabilité – isolement   ( ou Jupiter – Saturne)
in Roger Mucchielli « la caractérologie à l’âge scientifique » - Editions du Griffon

intelligence généralisante – intelligence particularisante
in Roger Maistriaux dans « l’intelligence et le caractère » éditions PUF


Enfin, R Denis et S. Torkomian (in « Caractérologie appliquée » éditions SABRI), nous donnent un complément important en détaillant douze dispositions fondamentales du caractère, dont certaines correspondent à celles vues ci-dessus :

Plan végétatif-moteur :

Vitalité – non Vitalité (V – nV)
Activité – non Activité (A - nA)
Masculinité – Féminité (M – F)
Sensorialité – non Sensorialité (Se – nSe)


Plan émotif-affectif :

Emotivité – non Emotivité (E – nE)
Affectivité – non Affectivité (Af – nAf)
Sociabilité – non-Sociabilité (So – nSo)
Allocentrisme – Egocentrisme (All – Eg)


Plan réflexif-idéatif :

Primarité – Secondarité (P – S)
Energie psychique – non Energie psychique ( Ps – nPs)
Champ de conscience large – Champ de Conscience étroit (L – nL)
Intelligence sensorielle (Is – nIs)
Intelligence rationnelle (Ir – nIr)
Intelligence intuitionnelle (Ii – nIi)


Cette approche est très complémentaire de celle de Le Senne et Berger et présente de grands intérêts dans son application au champ professionnel.


Autres classifications

Il existe d’autres classifications plus anciennes des caractères qui sont considérées comme intéressantes mais moins complètes que celles citées ci-dessus : typologies de Ribot, Fouillée, Paulhan, Malapert.

On peut également citer d’autres typologies dans des domaines proches de la caractérologie que vous pourrez rencontrer :

Typologies psycho-somatiques :

tempéraments d’Hippocrate : bilieux, sanguin, nerveux, lymphatique,
typologie de Sheldon : viscérotonique, cérébrotonique, somatotonique,
typologie de Kretschmer : cyclothyme, schizothyme,
typologie de Pende : bréviligne, longiline,
typologie de Sigaud et Mac Auliffe : musculaire, respiratoire, digestif, cérébral


La typologie de Jung basée sur les attitudes (introverti – extraverti) et les fonctions (pensée, sentiment, sensation, intuition).

Les typologies morpho-psychologiques et planétaires.


Par Olivier ARNAULT - Publié dans : Bases de la caractérologie
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Lundi 2 mai 2011 1 02 /05 /Mai /2011 07:07

L'ouvrage de Louise Pépin – La caractérologie et ses applications à la pédagogie et à l’orientation professionnelle – Editions universitaires, nous donne de riches exemples sur les applications de la caractérologie. Voici une synthèse  du chapître consacré aux dangers d’une orientation professionnelle manquée. Au moment où les managers sont invités à accompagner les parcours professionnels de leurs collaborateurs dans le cadre des entretiens professionnels, ces quelques lignes peuvent les éclairer.

1 / L’ennui

La personne qui s’ennuie trouve le travail monotone, trouve qu’il n’y a plus rien à accomplir. Le travail laisse un vide par des aptitudes inutilisées. Les routines quotidiennes nécessaires à la bonne exécution sont acquises. La personne perçoit soit un manque d’action, soit un manque de renouvellement sur le plan psychologique.
Les perspectives professionnelles doivent se recomposer pour fixer de nouveaux buts. La stimulation vers une action est un moyen d’une reprise volontaire.

2 / L’angoisse
L’angoisse peut se manifester dans une orientation manquée, si les circonstances et contraintes rencontrées dans la fonction vont à l’encontre du caractère, et en particulier, si ce décalage conduit à des échecs dont la personne à conscience. Le conflit entre ce que l’on est et ce que l’on voudrait être, entre les possibilités et les aspirations profondes est source de cette angoisse. Chaque fois qu’une tendance maîtresse du caractère est contrariée, l’angoisse reparaît.
Il peut être bénéfique d’identifier les incompatibilités entre la fonction et les composantes de certains caractères. Certaines personnalités vont avoir une capacité d’adaptation et d’intégration plus forte.

3 / Le ressentiment

Ceci peut se présenter avec certains caractères qui éprouvent un regret de ne pas avoir pu progresser plus professionnellement. Pour eux, les « jeux ont été faits » trop tôt et définitivement, non de leur fait, mais par le jeux des institutions qui imposent des conditions d’âge, de diplômes, de parcours professionnel, de stages qui ne peuvent que difficilement se compenser à l’âge adulte. Ils peuvent rechercher à se réaliser sur un plan différent, plutôt dans l’ordre d’une compensation sociale (action politique, action sociale, militantisme…).

4 / La compensation par le « violon d’Ingres »

La personne n’a pas réalisé l’accord entre sa vocation et sa destinée. Il pense qu’il est trop tard pour changer d’orientation. Il s’acquitte passablement de son métier et recherche l’accomplissement dans sa vie personnelle : report de l’ambition sur les enfants, cultive une passion (littérature, histoire, association culturelle, sportive…).

5 / L’illusion professionnelle

Il s’agit de l’idée que l’on se fait d’un métier avant de l’avoir exercé effectivement. Le risque est dans la crise de désillusion douloureuse qui se produit aux premiers temps de l’exercice du métier. On arrive à un dégoût de la profession.
Ceci est accentué lorsque l’information professionnelle n’a fait que présenter les aspects bénéfiques, gratifiants et faciles, ou que la personne n’a réalisé une cristallisation à partir d’un seul aspect du métier (illusion déformante).
Il faut avertir des avantages réels et des inconvénients réels du métier, de la fonction. Le plus sûr est de mettre en contact avec la pratique professionnelle sur le terrain (stage). Il faut également faciliter les débuts et les succès dans le poste.

Dans tous les cas, une connaissance fine du caractère de la personne est un atoût pour la conseiller dans son orientation.



Par Olivier ARNAULT - Publié dans : Applications
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Dimanche 1 mai 2011 7 01 /05 /Mai /2011 08:05

Un lecteur attentif de ce blog a eu la gentillesse de me faire remarquer que j’avais oublié de donner une définition de ce qu’est la caractérologie. C’est exact et je vais tenter de réparer cet oubli.
Pour ce faire, je vais me référer au livre de Paul Grieger, « Précis de caractérologie à l’usage des éducateurs », éditions Ligel.

Paul Grieger propose dans la droite ligne de René Le Senne la définition suivante :

« la caractérologie est la connaissance des caractères si l’on entend par ce mot la structure congénitale qui sert de situation intrinsèque au moi ».

Il reprend ensuite une définition de Le Senne tirée de son ouvrage « la destinée personnelle » :

« la caractérologie est la grammaire de l’analyse de l’individu, l’individualité, la littérature de cette grammaire ; et dans la mesure où elle informera la destinée suivant sa destination, elle est l’œuvre de la personnalité ».

Finalement, Paul Grieger définit l’objet de la caractérologie comme étant :

« l’étude méthodique et systématique de la substructure de l’individualité, c’est à dire du caractère ».

La caractérologie est donc la connaissance des caractères permettant ensuite d’arriver à l’analyse des personnalités en ce qu’elles ont de différenciées, de spécifiées dans l’originalité individuelle.



Par Olivier ARNAULT - Publié dans : Auteurs et fondements
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Dimanche 1 mai 2011 7 01 /05 /Mai /2011 06:01


« Robert Maistriaux donne un exemple d’expérimentation caractérielle conduite avec rigueur, patience et précision. Mais en même temps, il n’oublie jamais les limites de l’analyse mathématique en matière de compréhension humaine. De là chez  lui, ce va et vient incessant entre l’analyse quantitative des facteurs caractériels et l’intuition en profondeur des réalités singulières. N’est ce pas là un mouvement d’oscillation qui donne aux démarches du psychologues leur authenticité ? »


Ce paragraphe d’Edouard Morot-Sir, extrait de la préface de l’ouvrage l’Intelligence et le Caractère de Roger Maistriaux (Collection Caractères – PUF – 1959), résume bien l’état d’esprit du caractérologue et la relation qu’il entretient avec son domaine de connaissance.

La caractérologie se trouve à un point d’équilibre entre le souci d’honnêteté et de rigueur scientifique et la conscience vive que la connaissance des hommes ne repose pas que sur une approche purement rationnelle et cartésienne. La catégorisation en classes statistiques ne rendra jamais parfaitement compte de la richesse et de la complexité des personnalités.
Finalement, la caractérologie trouve sa consistance dans l’Idiologie que René Le Senne commença à décrire dans son traité de caractérologie.

Comment concilier ces deux facettes de la caractérologie qui peuvent sembler contradictoires ? D’un côté objectivité scientifique et de l’autre intuition subjective
L’unité de la caractérologie se trouve dans l’observation de la réalité. Qu’elle soit le fait d’une enquête avec traitement statistique ou le fait d’un entretien entre deux personnes, l’approche du caractérologue repose sur l’observation et donc sur une démarche préalablement inductive.
La caractérologie peut donc revendiquer le qualificatif de réaliste.

C’est finalement ce qui doit rassurer le caractérologue : la caractérologie n’est pas un système d’interprétation qui enfermerait l’humanité dans des catégories cloisonnées, mais les résultats des travaux scientifiques donnent au caractérologue des points de repère, des tendances qui permettent d’éviter dérives et fantaisies dans ses appréciations.

Finalement, que faut-il pour devenir un caractérologue ? Il faut apprendre à observer mais il faut aussi affiner la connaissance des travaux de nos prédécesseurs. La caractérologie est exigente : elle n’ouvre sa richesse qu’au fur et à mesure du travail de confrontation entre les observations personnelles et les travaux consignés dans les nombreux ouvrages.

C’est ce mouvement d’oscillation dont parle Edouard Morot-Sir qui enrichit le caractérologue et qui rend la caractérologie passionnante et si proche des réalités humaines.

Par Olivier ARNAULT - Publié dans : Auteurs et fondements
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Dimanche 1 mai 2011 7 01 /05 /Mai /2011 05:00

Bien, je me lance. Un blog dédié à la caractérologie sans quelques éléments sur la fameuse typologie est incomplet. Vous trouverez dans tous les ouvrages cités en référence bibliographique de nombreuses et riches monographies sur les types centraux de chaque famille de caractère.

Je ne vais donc donner ici que quelques éléments de base.

Nous allons commencer par découvrir les 3 facteurs fondamentaux structurant le caractère :

émotivité, activité, retentissement


Emotivité
C'est la charge nerveuse du sujet. Elle est plus ou moins forte selon que le sujet est plus ou moins émotif. C'est la capacité de réaction émotionnelle à un événement (rire, crainte, rougissement, ...).
Tout le monde a des émotions. L ‘émotivité est la capacité à être ébranlé, à gérer ses émotions. L’émotif éprouvera des émotions plus intenses que la moyenne.
On distingue les Emotifs (E) et les non-Emotifs (nE).

Activité
L’activité correspond à la réaction face à un obstacle, à la facilité à agir.
Est considéré comme " actif " tout individu dont le besoin régulier est " l'action ". Normalement les difficultés décuplent son besoin d'agir; il se sent une raison supplémentaire pour poursuivre son but. Sera " inactif " celui qui agit avec peine et parce qu'il ne peut pas faire autrement, en essayant d’éviter les obstacles.
On distingue les Actifs (A) et les non-Actifs (nA).

Retentissement
C’est la manière de recevoir les impressions, soit par une réaction immédiate et brève (Primarité), soit par une réaction à retardement et prolongée, durable (Secondarité).
Le retentissement, c'est la durée des impressions ressenties. Certains sujets ne les ressentent que brièvement (colère rapide, joie immédiate, une impression chassant la précédente = primaire) D'autres les ressentent de façon durable et réagissent avec un certain retard (le sujet rumine, il boude = secondaire)
Un sujet primaire a des impressions rapides, brèves et en surface.
Un sujet secondaire a des réactions retardées et des impressions durables et profondes.
On distingue les Primaires (P) et les Secondaires (S).

Quelques descriptions sommaires viendront par la suite sur chacun des huits types caractérologiques.



Par Olivier ARNAULT - Publié dans : Bases de la caractérologie
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Dimanche 1 mai 2011 7 01 /05 /Mai /2011 04:50

La personnalité est définie comme étant le caractère avec en plus tout ce que la vie a apporté au caractère (influences naturelles, sociales, de la formation, de la profession...)

La personnalité manifeste extérieurement, non pas le caractère pris dans son acception abstraite, mais dans ce qui lui donne une expression singulière, individualisée.

Louise Pépin nous dit "les virtualités du caractère permettaient la construction de personnalités autres et pourtant clivées par les données originelles".
in La caractérologie et ses applications.


Le caractère est la forme solide, stable, invariable qui est le noyau central de la personnalité.

Le moi est au centre du lien entre la personnalité et le caractère. Les caractérologues considérent le moi comme libre, car il spécifie et peut encore spécifier le caractère par une personnalité qui a évolué et qui peut encore évoluer. Toutefois, cette liberté du moi garde une limite, celle que lui confère le caractère et ses puissances.


Le Senne définit ce qu'il nomme la psychodialectique du moi :

"c'est l'ensemble des réactions par lesquelles le moi répond aux problèmes qui lui sont posés, soit par son caractère même, soit par le rapport entre ce caractère et son milieu."
in Traité de caractérologie.


En termes simplifiés, Louise Pépin résume : "la psychodialectique du caractère est la prise en charge de ce caractère par le moi".
Ibid.

Ces quelques lignes résument fort bien ce que nous expérimentons quotidiennement. Les évènements de la vie, les situations, nos relations avec les autres nous dévoilent chaque jour un peu plus les facettes de notre caractère. Et nous savons très bien, même de manière intuitive, que notre adaptation aux circonstances, notre souci d'harmoniser les relations avec les autres nous plongent au coeur de cette psychodialectique.

Une des causes de tension intérieure que certains d'entre nous peuvent connaître, une des causes de maladresse dans les relations humaines, une des causes de manque de maîtrise de soi, une des cause de manque de confiance en soi se trouve dans la façon dont cet ajustement qui se fait entre la personnalité et le caractère.

La première étape est de découvrir son caractère...

A l'heure du développement personnel et du coaching, il y a là une matière riche et originale à creuser.


Par Olivier ARNAULT - Publié dans : Bases de la caractérologie
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Dimanche 1 mai 2011 7 01 /05 /Mai /2011 03:49

L'émotivité est un sujet fréquemment abordé dès que l'on parle de connaissance de soi : gestion des émotions, intelligence émotionnelle, rôle des émotions dans le management, les relations, le commerce. J'ai souvent remarqué au cours de formations, que beaucoup de personnes en parlent sans être capable de la définir, ni de la décrire précisément.
Il me semble que la première étape dans l'approche de la gestion de l'émotivité, est de bien comprendre ce que c'est, de l'identifier, d'en comprendre le fonctionnement.

Je ferai en préambule une remarque : l'émotivité est modulée dans ses manifestations par d'autres facteurs de la personnalité. Il serait trop restrictif de se contenter de chercher à comprendre une personnalité à travers son degré d'émotivité et ses modalités. Toutefois, il est clair que c'est un facteur important de la personnalité et que ses conséquences dans le comportement et les relations humaines sont importantes.





Qu'est ce que l'émotivité ?

Voici quelques définitions données par les caractérologues :

« Etre ému, c'est être troublé »  Gaston Berger in Traité Pratique d'Analyse du Caractère

René Le Senne décrit ce trait général de notre vie mentale qui fait que tout événement subi par nous (perception ou pensée) provoque dans notre vie organique et psychologique un ébranlement plus ou moins fort : « l'événement agit comme un agent de déflagration ; une quantité plus ou moins grande d'énergie, antérieurement en réserve dans notre organisme, est libérée. » in Traité de Caractérologie.

« L'émotivité est la facilité à éprouver des troubles dont l'importance est hors de proportion avec les stimulations d'origine externe (évènements, situations) ou internes (pensées, sentiments) qui en sont la source » Source revue La Personnalité - 2004-46 - SIEPEC - ISSN 0247-204X

Il ressort donc que l'émotivité est cette capacité que nous avons tous à être ébranlé psychologiquement et/ou physiologiquement par une influence intérieure ou extérieure.

Nous notons également que chacun de nous a un degré d'émotivité plus ou moins marqué, un seuil d'excitabilité plus ou moins élevé.

D'autre part, les stimuli provoquant l'émotivité sont variés selon les personnes :  situations relationnelles, circonstances, pensées, perceptions sensibles (musique, poésie, spectacle, pleurs, évocations, rires, odeurs...)
Etant donné la grande variabilité, il est impossible d'en établir une liste exacte.
Pour une même personne, l'émotivité peut varier (en plus ou en moins) avec la fatigue, la maladie, l'histoire personnelle (perte d'un proche par exemple).
 
« Cette sensibilité à l'événement qui va évoluer au cours de l'existence et qui peut être masquée ou maîtrisée bien que toujours sous-jacente, peut prendre dans la vie des formes différentes, voire opposées, de la violence destructrice jusqu'à la créativité la plus sublime et susciter souffrance ou joie intense, enthousiasme ou haine avec des passages parfois de l'un à l'autre. »  Claude Guilmault - La Nouvelle Caractérologie Comportementale.

Continuons plutôt à essayer de cerner cette notion d'émotivité.


Etes-vous émotif ? Quelques symptômes

La conséquence de cette réaction organique et psychologique peut être d'intensité variable, plus ou moins durable et se traduire par des effets viscéraux intérieurs (accroissement de la conscience de l'émotion) ou par des réactions sur le monde extérieur.

La première remarque importante est que l'émotivité ne se manifeste pas forcément par des symptômes extérieurs évidents à l'observation. Elle peut rester sous forme de « crise intérieure » et se manifester par des petits signes discrets : changement de la modulation de la voix, légère mimique sur le visage, geste parasite...

Voici quelques points de repère pour détecter l'émotivité chez vous ou dans votre entourage. Encore une fois, il ne s'agit pas d'une liste exhaustive, mais plutôt de points de repères que vous pourrez enrichir par votre expérience personnelle et vos observations.

Dans ses études statistiques, René Le Senne identifie les symptômes les plus courants de l'émotivité :

mobilité, humeur alternante, impulsivité, excitabilité (et même auto-excitabilité),
utilisation de superlatifs, de mots excessifs...


On peut également trouver dans la liste des symptômes de l'émotivité :

disproportion entre l'importance objective d'un événement et l'ébranlement de la personne, exagération de la menace, réactions vives (même si elles sont intérieures),
impressionnable, subjectivité...


La personne chez qui l'émotivité est vive est souvent l'objet de tension nerveuse, de tension intérieure.
On peut également la repérer par des attitudes :

voix forte, criarde, abondance de gestes, contractions du visage, mimiques, mouvements amples, accélération du débit des paroles, variation du ton...


Sous l'emprise de l'émotivité, la personne sursaute à un bruit soudain, est troublée par une nouvelle imprévue, éprouve de grandes joies ou de grandes tristesses, ne peut faire un travail que s'il plaît, est très sensible à l'ambiance, prend tout très à coeur (peut se montrer facilement blessé, est susceptible en cas de critique ou au contraire heureux en cas de compliment), donne trop d'importances à de petites choses...

Voilà une première approche qui vous permettra peut-être de mieux vous y retrouver. N'hésitez pas à enrichir ces observations par vos commentaires.

Nous verrons dans un autre article, quelles sont les conséquences de l'émotivité dans les relations humaines et dans l'activité professionnelle.

Par Olivier ARNAULT - Publié dans : Bases de la caractérologie
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Dimanche 1 mai 2011 7 01 /05 /Mai /2011 03:47

Après avoir cerné les ressorts de l'émotivité, je vous propose maintenant d'en voir les conséquences, et plus précisément les avantages et les points de vigilance. Les traits que je vais donner constituent le fond de l'émotivité mais ces effets peuvent varier en intensité et en qualité en fonction selon les circonstances, des personnes et de l'association à d'autres facteurs du caractère (activité et retentissement essentiellement).


Effet sur les capacités cognitives

L'émotivité peut vivifier les capacités cognitives ou les troubler. L'émotivité teinte l'intelligence d'intuitivité, de capacité à « sentir » les réalités avec tout le risque de subjectivité qui en découle, de fourmillement imaginatif, créatif et même de capacités artistiques. L'intelligence émotive est plus pénétrante qu'abstraite.
L'émotivité conserve à l'intelligence une capacité d'émerveillement aux perceptions, un « oeil neuf ». Elle prédispose, par exemple, au goût pour les activités artistiques.
L'émotif peut être submergé par les impressions sensibles, d'où un risque de débordement par la pression de l'environnement, par des activités multiples, un risque de dispersion, qui conduit à un trouble du jugement, du discernement et à la difficulté de prendre du recul.
L'émotivité va également influer sur le niveau de perturbation de la personne en cas d'échec.
Elle peut conduire à une mauvaise appréciation de l'importance réelle des risques, des obstacles, à un manque de réalisme, d'où le risque de se « faire une montagne » des choses.
Le « sur-émotif » peut également être déconcerté par des données nouvelles et imprévues qu'il va avoir du mal intégrer.


Effets sur la capacité d'action

Comme pour les capacités cognitives, l'émotivité peut renforcer, stimuler les capacités d'actions ou au contraire les paralyser, les amoindrir.
Par exemple, dans la conduite d'un projet où l'émotif trouve un intérêt de départ, elle peut renforcer l'énergie de démarrage, l'allant initial, elle peut être un facteur de soutien pendant la réalisation. Poussée à l'extrême, cette interaction dynamisante entre l'émotivité et l'activité peut conduire à l'usure, au surmenage, par sur-estimation des limites organiques.
Elle peut aussi avoir un effet contraire et conduisant donc plutôt à un risque d'instabilité, d'action par saccades, de désorganisation.
Elle peut entraîner un décuplement de l'activité sous l'influence d'un choc émotionnel : le sujet opère des prélèvements d'énergie sur ses réserves profondes. En cas d'évènements graves, l'émotif peut se transformer en héros. L'émotivité a dans ce cas un impact évident sur la réactivité. Il peut aussi être paralysé.
Enfin, l'émotivité peut conduire à la lassitude devant la régularité de tâches à accomplir : il faut alors varier les aspects de sa fonction pour entretenir l'intérêt


Effets sur les relations humaines

« La réponse émotionnelle, variée et contrastée souvent, mais toujours perturbatrice, suit immédiatement la stimulation » Source revue La Personnalité ? 2004-46 ? SIEPEC
Ce qui implique dans la relation humaines des risques d'irritabilité, de réactions déconcertantes pour l'entourage (éclats, bouderies, rumination affective, susceptibilité, versatilité dans les affections, agressivité).
L'émotivité donne une grande réceptivité et de la châleur dans les relations. Mais l'émotivité faisant subir fortement les influences du milieu, elle peut mettre en défaut la maîtrise de soi.
Il faut bien sûr mentionner le décalage de perception réciproque entre une personne peu émotive et une personne plus émotive. Le « sur-émotif » peut regarder le « sous-émotif » comme quelqu'un de froid, de distant, manquant d'élan, lent. Inversement, le « sous-émotif » peut regarder le « sur-émotif » comme un agité, dispersé, superficiel, peu fiable...
C'est là un facteur de nombreuses incompréhensions entre personnes. Harmoniser les relations par la mise en évidence des différences et des complémentarités est aussi le rôle d'une formation à la caractérologie.


Conclusion

Retenons en synthèse que l'émotivité peut agir de deux façons sur le relationnel, la capacité d?action et sur les capacités cognitives : dynamisante ou perturbantes.
Comme on peut le voir, l'émotivité est une richesse de la personnalité qu'il faut apprendre à connaître dans sa nature et apprendre à reconnaître dans son fonctionnement en chacun de nous. La prise en compte de l'émotivité est également incontournable dans toute approche de gestion du stress ou de gestion de l'agressivité.
C'est ce que permet une formation à la connaissance des caractères : découvrir les modalités d'action de l'émotivité en soi et chez les autres, apprendre à mieux gérer ses conséquences dans les relations et dans l'activité professionnelle. Sans oublier que la maîtrise de soi passe par une fine connaissance de soi.

Par Olivier ARNAULT - Publié dans : Bases de la caractérologie
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Dimanche 1 mai 2011 7 01 /05 /Mai /2011 03:37

Définition du caractère

Commençons par la définition donnée par René Le Senne :


« Le caractère signifie l’ensemble des dispositions congénitales qui forme le squelette mental d’un homme ». Il ajoute : « ce caractère est solide et permanent »
in Traité de Caractérologie – Editions PUF

« Il assure l’identité de l’être humain à travers la durée »,  « Il est à la charnière de l’organique et du mental »
Louise Pépin – La caractérologie et ses applications – Editions Universitaires

« Le caractère, schème dynamique de la manière d’être au monde, antérieurement à toutes les spécifications, évolue selon les lois propres de sa structure, et ceci nous conduit fort loin d’un fixisme ridicule dans lequel on a voulu souvent enfermer la définition du caractère »
Roger Mucchielli – La caractérologie à l’âge scientifique – Editions du Griffon

Paul Grieger, dans Le diagnostic caractérologique – Editions Ligel, attire notre attention sur trois niveaux d’acception possibles du mot caractère :

- sens moral et fort : utilisé pour désigner ce qu’un individu peut devenir, à travers des expressions telles que « il a du caractère ».
- sens psychologique large : il ne désigne pas toute la personnalité, mais ce qui singularise ou individualise, souvent à travers la description des conduites humaines (Exemple : les caractères de La Bruyère).
- sens caractérologique étroit : ensemble des dispositions natives qui inclinent un individu toujours dans le même sens.

Il explique également que le caractère est le fondement de la personnalité, marquée dès la naissance. La première couche sur laquelle le reste s’édifiera.

S'intéresser au caractère revient donc à s'intéresser à la personnalité de ceux qui nous entourent afin de mieux les comprendre.


Caractère et personnalité

« La personnalité est la résultante du caractère et de tout ce que les circonstances qu’il a permises lui ont apporté, les influences naturelles et sociales, particulièrement celle de l’enfance, de la famille et de la formation professionnelle. »
Louise Pépin – La caractérologie et ses applications – Editions Universitaires

Ce même auteur nous dit que la marge de progression se situe d’un homme ou d’un enfant se situe dans l’écart qui existe entre le caractère et la personnalité, marge qu’il faut utiliser et valoriser.

La caractérologie n'est donc pas quelque chose de figé qui consiste à classer des personnes dans des catégories de façon définitive. Toute sa richesse découle de la façon dont elle va permettre d'accompagner le développement des richesses de chaque caractère et d'aider à en prévenir les défauts.

Enfin, le caractérologue ne doit jamais oublier que le caractère n'existe que dans la personne qu'il a en face de lui avec tout ce qui la distingue des autres personnes.

Nous sommes bien loin d'une approche mécanique et systématique de la personnalité et des relations humaines.

Par Olivier ARNAULT - Publié dans : Bases de la caractérologie
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Dimanche 1 mai 2011 7 01 /05 /Mai /2011 02:00

Lorsque j’interviens dans les entreprises, je plaide toujours pour que les managers apprennent à observer leurs collaborateurs pour mieux les connaître. Il ne s’agit pas de transformer les managers en spécialistes de la psychologie mais de leur en donner les bases fondamentales dans leur activité et surtout de leur en donner le goût, ce qui n’est pas évident au premier abord.

Pour leur donner ce goût de la psychologie, qui va enrichir leur management et la personnalisation des relations dans leur équipe, je m’attache à leur apporter les points de repères indispensables en matière de connaissance des caractères, et surtout à leur apprendre à observer et décrypter les comportements et réactions au quotidien.

La première étape est d’être capable de repérer et de mettre des mots sur ce qui se passe au lieu d’avoir l’impression de subir les réactions des uns et des autres, sans savoir trop ni pourquoi, ni comment…

Cet exercice de l’observation des caractères et de l’enrichissement quotidien à travers les échanges habituels est quelque chose qui en général leur parle, démystifie le côté psy compliqué, et reste concret et réaliste.

Pour illustrer mes propos, je vous rapporte les remarques de deux spécialistes de la psychologie :

Alfred BINET, un des fondateurs de la psychologie d’observation et d’expérimentation, demandait dès 1908 qu’on entraîne les futurs psychologues à « l’observation et à l’expérimentation, de les inviter à observer eux-mêmes dans des cas précis, à débrouiller l’écheveau d’un phénomène ».

Quelques décennies plus tard, Roger MUCCHIELLI, va dans le même sens :

« Apprendre à regarder et à écouter, apprendre à décrire, semble effectivement la tâche première de tout enseignement de la psychologie. De ce point de vue, on est endroit de se demander si cet enseignement ne faillit pas à sa tâche en cherchant trop souvent à faire apprendre des théories, des conceptions générales explicatives, ou à entraîner les étudiants à interpréter les phénomènes plus qu’à les observer. Expliquer à partir de théories toutes faites et interpréter en fonction de clés considérées comme des vérités définitives, ne développe en aucune façon l’attitude scientifique. En psychologie, comme en toute science, l’activité fondatrice du savoir est l’observation des phénomènes ».
in « L’observation psychologique et psychosociologique » - Roger MUCCHIELLI – éditions ESF.

Il me semble que ces remarques pourraient s’appliquer aussi à l’initiation psychologique en entreprise.


Par Olivier ARNAULT - Publié dans : Caractérologie et entreprise
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