Dimanche 10 mai 2009
Un lecteur de ce blog me pose la question suivante :

une analyse caractérologique est-elle suffisante pour déterminer la personnalité d'un individu?


Pour y répondre, je propose de retenir les propos de quelques auteurs :

« La personnalité qui comprend le caractère d’abord, mais en plus tous les éléments acquis au cours de la vie et ayant spécifié le caractère d’une manière qui aurait pu être différente, et enfin leur orientation synthétique. »  Le Senne - Traité de caractérologie.

De même, Roger Mucchielli dans La caractérologie à l’âge scientifique explique :
« Tout comportement observable, tout sujet qu’il nous est proposé de « comprendre » est l’expression de la totalité de ces « facteurs de la personnalité » ».

On peut rappeler que dans ce même ouvrage, R. Mucchielli analyse ces facteurs de la personnalité, comprenant entre autres : le caractère, les aptitudes extra-caractérielles (intelligences et dons), l’histoire individuelle et les événements conditionnants, le milieu culturel et historique, le cadre naturel…

La personnalité est donc la résultante non seulement du caractère mais de nombreuses autres déterminations correspondant aux multiples réalités qui emplissent la vie de chacun.

Enfin, au centre de la relation entre la caractère et la personnalité, se situe le moi. A ce sujet, Le Senne nous dit « c’est en tant qu’il use de sa liberté qu’il est le moi » Il ajoute ensuite que cette liberté trouve une seule limite dans le caractère stable. Finalement, cette liberté « a engendré et ne cesse de susciter une personnalité toujours susceptible de croître ou de déchoir ».

Je vous invite également à consulter l’article suivant :

http://www.caracterologie.org/article-4522797.html


Par Olivier ARNAULT - Publié dans : Bases de la caractérologie
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Samedi 9 mai 2009

Cerner le caractère de quelqu'un passe par la découverte des principaux traits qui le composent. Les caractérologues ont donc travaillé à établir ces traits de caractères ou facteurs. Leur connaissance est très importante car elle permet, même au débutant, d'avoir les premières clés pour comprendre une personnalité.
Je parlerai d'abord de la typologie la plus connue, celle d'Heymans-Wiersma-Le Senne-Berger.


La structure de Heymans et Wiersma

Heymans et Wiersma ont dégagé de leurs travaux trois facteurs constitutifs du caractère :



Facteur Modalités Symbole
Emotivité émotif -  non émotif E - nE
Activité actif - non actif A - nA
Retentissement primaire -  secondaire P - S




Le croisement entre ces trois facteurs donne les 8 types de base :

EnAP     (ou nerveux)
EnAS     (ou sentimental)
EAP       (ou colérique)
EAS       (ou passionné)
nEAP     (ou sanguin)
nEAS     (ou flegmatique)
nEnAP   (ou amorphe)
nEnAS   (ou apathique)


Les facteurs de Le Senne et Berger

Pour compléter ce premier tableau, René Le Senne puis Gaston Berger enrichissent de propriétés complémentaires la structure d’un caractère :



Facteur Modalités Symbole
Largeur du champ de conscience large - non large L - nL
Polarité mars - vénus M - V
Avidité avide - non avide Av - nAv
Tendresse tendresse - sécheresse affective T - nT
Intérêts sensoriels interêts sensoriels -  indifférence sensorielle Is - nIs
Passion intellectuelle forme concrète - abstraite des intérêts intellectuels Pi - nPi

Il faut préciser que les appellations mars et venus n’ont rien à voir avec de l’astrologie. Il s’agit tout simplement d’une appellation métaphorique de deux types de relations aux autres : affrontement ou séduction.
Autre remarque les facteurs Av, T, Is et Pi sont appelés facteurs de tendance.

Nous arrivons alors à la structure la plus répandue qui permet d’avoir une approche fine de la personnalité.


Approches complémentaires

D’autres caractérologues ont enrichit la liste de facteurs afin de la compléter mais aussi de la préciser. On peut citer les facteurs :

sociabilité – isolement   ( ou Jupiter – Saturne)
in Roger Mucchielli « la caractérologie à l’âge scientifique » - Editions du Griffon

intelligence généralisante – intelligence particularisante
in Roger Maistriaux dans « l’intelligence et le caractère » éditions PUF

Enfin, R Denis et S. Torkomian (in « Caractérologie appliquée » éditions SABRI), nous donnent un complément important en détaillant douze dispositions fondamentales du caractère, dont certaines correspondent à celles vues ci-dessus :

Plan végétatif-moteur :
Vitalité – non Vitalité (V – nV)
Activité – non Activité (A - nA)
Masculinité – Féminité (M – F)
Sensorialité – non Sensorialité (Se – nSe)

Plan émotif-affectif :
Emotivité – non Emotivité (E – nE)
Affectivité – non Affectivité (Af – nAf)
Sociabilité – non-Sociabilité (So – nSo)
Allocentrisme – Egocentrisme (All – Eg)

Plan réflexif-idéatif :
Primarité – Secondarité (P – S)
Energie psychique – non Energie psychique ( Ps – nPs)
Champ de conscience large – Champ de Conscience étroit (L – nL)
Intelligence sensorielle (Is – nIs)
Intelligence rationnelle (Ir – nIr)
Intelligence intuitionnelle (Ii – nIi)

Cette approche est très complémentaire de celle de Le Senne et Berger et présente de grands intérêts dans son application au champ professionnel.


Autres classifications

Il existe d’autres classifications plus anciennes des caractères qui sont considérées comme intéressantes mais moins complètes que celles citées ci-dessus : typologies de Ribot, Fouillée, Paulhan, Malapert.

On peut également citer d’autres typologies dans des domaines proches de la caractérologie que vous pourrez rencontrer :

Typologies psycho-somatiques :
tempéraments d’Hippocrate : bilieux, sanguin, nerveux, lymphatique,
typologie de Sheldon : viscérotonique, cérébrotonique, somatotonique,
typologie de Kretschmer : cyclothyme, schizothyme,
typologie de Pende : bréviligne, longiline,
typologie de Sigaud et Mac Auliffe : musculaire, respiratoire, digestif, cérébral

La typologie de Jung basée sur les attitudes (introverti – extraverti) et les fonctions (pensée, sentiment, sensation, intuition).

Les typologies morpho-psychologiques et planétaires.


Par Olivier ARNAULT - Publié dans : Bases de la caractérologie
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Vendredi 8 mai 2009
Bien, je me lance. Un blog dédié à la caractérologie sans quelques éléments sur la fameuse typologie est incomplet. Vous trouverez dans tous les ouvrages cités en référence bibliographique de nombreuses et riches monographies sur les types centraux de chaque famille de caractère.

Je ne vais donc donner ici que quelques éléments de base.

Nous allons commencer par découvrir les 3 facteurs fondamentaux structurant le caractère :

émotivité, activité, retentissement

Emotivité
C'est la charge nerveuse du sujet. Elle est plus ou moins forte selon que le sujet est plus ou moins émotif. C'est la capacité de réaction émotionnelle à un événement (rire, crainte, rougissement, ...).
Tout le monde a des émotions. L ‘émotivité est la capacité à être ébranlé, à gérer ses émotions. L’émotif éprouvera des émotions plus intenses que la moyenne.
On distingue les Emotifs (E) et les non-Emotifs (nE).

Activité
L’activité correspond à la réaction face à un obstacle, à la facilité à agir.
Est considéré comme " actif " tout individu dont le besoin régulier est " l'action ". Normalement les difficultés décuplent son besoin d'agir; il se sent une raison supplémentaire pour poursuivre son but. Sera " inactif " celui qui agit avec peine et parce qu'il ne peut pas faire autrement, en essayant d’éviter les obstacles.
On distingue les Actifs (A) et les non-Actifs (nA).

Retentissement
C’est la manière de recevoir les impressions, soit par une réaction immédiate et brève (Primarité), soit par une réaction à retardement et prolongée, durable (Secondarité).
Le retentissement, c'est la durée des impressions ressenties. Certains sujets ne les ressentent que brièvement (colère rapide, joie immédiate, une impression chassant la précédente = primaire) D'autres les ressentent de façon durable et réagissent avec un certain retard (le sujet rumine, il boude = secondaire)
Un sujet primaire a des impressions rapides, brèves et en surface.
Un sujet secondaire a des réactions retardées et des impressions durables et profondes.
On distingue les Primaires (P) et les Secondaires (S).

Quelques descriptions sommaires viendront par la suite sur chacun des huits types caractérologiques.



Par Olivier ARNAULT - Publié dans : Bases de la caractérologie
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Jeudi 7 mai 2009
Le premier niveau d’interprétation que l’on peut avoir en caractérologie, une fois que vous avez identifié si vous êtes émotif - non émotif (E – nE), actif – non actif (A – nA), primaire – secondaire (P – S), c’est de croiser les facteurs.

Voici quelques exemples :

E  + A
Activité extérieure importante voire fiévreuse, grande sociabilité, puissance de travail

E + nA
Ennui, crainte des obstacles, de l’action, sublimation des désirs, risque de sentiment d’écrasement par les évènements

E + P
Imaginatif, spontané, cyclothymique, agitation, papillonnage, excitabilité, réactivité, mobilité des sentiments, recherche des émotions, démonstrativité, expansivité, syntonie, changeant, contradictoire, emballements, réactivité, impulsivité, précipitation

E + S
Extraversion élective, réservé, exigent, inhibition, émotions nombreuses, durables, profondes, anxiété, moments d’introversion, hiérarchisation des centres d’intérêts, attaché au passé

A + P
Entreprenant, prompt, rapide dans l’action et les décision, aisance relationnelle, disponible, enthousiasme, présence d’esprit

A + S
Sens de l’organisation, goût pour les considérations sociales, travail régulier, persévérance


nA + P
Vit dans l’instant, difficulté à résister à des sollicitations, négligence, risque de gaspillage, fatigable

nA + S
Recueillement intérieur, repli sur soi, mélancolie, indécision, hésitant, découragement, recherche de la solitude, de l’intimité, grande conscience professionnelle, personne d’habitudes

nE + A
Activité froide, objectivité, calme et courage, persévérance, méfiance à l’égard des émotions, réalisme, objectivité, rationnalisation

nE + nA
indifférent, manque d’initiative, passivité, manque de ressort, s’économise,

nE + P
Grande adaptabilité (aux personnes et aux évènements), diplomate, peu sensible au danger, lucidité, recherche les contacts humains

nE + S
Patience, régularité, fidélité, suit les principes et les règles, égalité d’humeur, peu susceptible, capacité d’abstraction, peu bavard, direct et sobre dans le discours


Les qualificatifs donnés ne s’appliquent pas intégralement à tous les cas. Ils donnent des tendances, des dispositions particulières. Ils sont bien sûr modulés par d’autres facteurs de caractérologie que je décrirai plus tard.
Ce qu’il faut également retenir, c’est que dans chaque combinaison, il y a des traits de caractère qui peuvent avoir des conséquences favorables sur le comportement et d’autres des conséquences moins favorables.

C’est un premier niveau d’interprétation qui apporte déjà beaucoup de réponses au quotidien.


Par Olivier ARNAULT - Publié dans : Bases de la caractérologie
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Samedi 16 février 2008
La typologie des caractères ellaborée par Heymans et Wiersma présente 8 types de caractères. S'arrêter là serait très réducteur.
Les travaux de Le Senne nous montrent que si chacun de ces huit types correspond à un caractère
re typique, que l'on peut rencontrer,  la variation d'intensité interne et relative, des trois facteurs constitutifs que sont l'émotivité, l'activité et le retentissement déterminent des familles de caractères plus larges.
Autour de chaque type "central" se dessine un halo de caractères bien décrits dans le Traité de Caractérologie de Le Senne.





C'est ainsi qu'un passionné (EAS) surémotif, sous-actif et sous-secondaire pourra avoir un comportement proche de celui d'un nerveux  (EnAP) à certains moments de fatigue nerveuse, par exemple.

A ce sujet, Paul Grieger explique :

"Il ne s'agit là que des types repères, en fonction desquels le caractérologue devra se rapprocher de la description des individus. La caractérologie générale ne considère que ces types abstraits qui, en tant que tels, rassemblent des propriétés communes à des individus multiples. Dès que l'on voudra serrer l'individu, on sera amené à ajouter, à la considération du caractère d'autres propriétés, non moins congénitales, par lesquelles tel individu se distingue des autres individus du même caractère général. Il faudra donc passer, du caractère considéré dans son asbtraction, à ce tout ultérieur que l'on appellera individualité ou personnalité; en d'autres termes, le caractérologue devra viser au travers du caractère, l'originalité singulière d'un sujet donné."

in "Le diagnostic caractérologique" Editions Ligel - p77



Par Olivier ARNAULT - Publié dans : Bases de la caractérologie
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