Le caractère
Définition du
caractère
Commençons par la définition donnée par René Le Senne :
« Le caractère signifie l’ensemble des dispositions congénitales qui forme le squelette mental d’un homme ». Il ajoute : « ce caractère est
solide et permanent »
in Traité de Caractérologie – Editions PUF
« Il assure l’identité de l’être humain à travers la durée », « Il est à la charnière de l’organique et du mental »
Louise Pépin – La caractérologie et ses applications – Editions Universitaires
« Le caractère, schème dynamique de la manière d’être au monde, antérieurement à toutes les spécifications, évolue selon les lois propres de sa
structure, et ceci nous conduit fort loin d’un fixisme ridicule dans lequel on a voulu souvent enfermer la définition du caractère »
Roger Mucchielli – La caractérologie à l’âge scientifique – Editions du Griffon
Paul Grieger, dans Le diagnostic caractérologique – Editions Ligel, attire notre attention sur trois
niveaux d’acception possibles du mot caractère :
- sens moral et fort : utilisé pour désigner ce qu’un individu peut devenir, à travers des expressions
telles que « il a du caractère ».
- sens psychologique large : il ne désigne pas toute la personnalité, mais ce qui singularise ou
individualise, souvent à travers la description des conduites humaines (Exemple : les caractères de La Bruyère).
- sens caractérologique étroit : ensemble des dispositions natives qui inclinent un individu toujours
dans le même sens.
Il explique également que le caractère est le fondement de la personnalité, marquée dès la naissance. La première couche sur laquelle le reste
s’édifiera.
S'intéresser au caractère revient donc à s'intéresser à la personnalité de ceux qui nous entourent afin de mieux les comprendre.
Caractère et personnalité
« La personnalité est la résultante du caractère et de tout ce que les circonstances qu’il a permises lui ont apporté, les influences naturelles
et sociales, particulièrement celle de l’enfance, de la famille et de la formation professionnelle. »
Louise Pépin – La caractérologie et ses applications – Editions Universitaires
Ce même auteur nous dit que la
marge de progression se situe d’un homme ou d’un enfant se situe dans l’écart qui existe entre le caractère et la personnalité, marge qu’il faut utiliser et valoriser.
La caractérologie n'est donc pas quelque chose de figé qui consiste à classer des personnes dans des catégories de façon définitive. Toute sa
richesse découle de la façon dont elle va permettre d'accompagner le développement des richesses de chaque caractère et d'aider à en prévenir les défauts.
Enfin, le caractérologue ne doit jamais oublier que le caractère n'existe que dans la personne qu'il a en face de lui avec tout ce qui la
distingue des autres personnes.
Nous sommes bien loin d'une approche mécanique et systématique de la personnalité et des relations humaines.
Donner le goût de la psychologie aux managers : apprendre à observer
Lorsque j’interviens dans les entreprises, je plaide toujours pour que les managers apprennent à observer leurs
collaborateurs pour mieux les connaître. Il ne s’agit pas de transformer les managers en spécialistes de la psychologie mais de leur en donner les bases fondamentales dans leur activité et
surtout de leur en donner le goût, ce qui n’est pas évident au premier abord.
Pour leur donner ce goût
de la psychologie, qui va enrichir leur management et la personnalisation des relations dans leur équipe, je
m’attache à leur apporter les points de repères indispensables en matière de connaissance des caractères, et surtout à leur apprendre à observer et décrypter les comportements et réactions au
quotidien.
La première étape est d’être capable de repérer et de mettre des mots sur ce qui se passe au lieu d’avoir l’impression de subir les réactions des
uns et des autres, sans savoir trop ni pourquoi, ni comment…
Cet exercice de l’observation des caractères et de l’enrichissement quotidien à travers les échanges habituels est quelque chose qui en général
leur parle, démystifie le côté psy compliqué, et reste concret et réaliste.
Pour illustrer mes propos, je vous rapporte les remarques de deux spécialistes de la psychologie :
Alfred BINET, un des fondateurs de la psychologie d’observation et d’expérimentation, demandait dès 1908
qu’on entraîne les futurs psychologues à « l’observation et à l’expérimentation, de les inviter à observer eux-mêmes dans des cas précis, à débrouiller l’écheveau d’un phénomène ».
Quelques décennies plus tard, Roger MUCCHIELLI, va dans le même sens :
« Apprendre à regarder et à écouter, apprendre à décrire, semble effectivement la tâche première de tout enseignement de la
psychologie. De ce point de vue, on est endroit de se demander si cet enseignement ne faillit pas à sa tâche en cherchant trop souvent à faire apprendre des théories, des conceptions générales
explicatives, ou à entraîner les étudiants à interpréter les phénomènes plus qu’à les observer. Expliquer à partir de théories toutes faites et interpréter en fonction de clés considérées comme
des vérités définitives, ne développe en aucune façon l’attitude scientifique. En psychologie, comme en toute science, l’activité fondatrice du savoir est l’observation des phénomènes
».
in « L’observation psychologique et psychosociologique » - Roger MUCCHIELLI – éditions
ESF.
Il me semble que ces remarques pourraient s’appliquer aussi à l’initiation psychologique en entreprise.