Le projet Caractérologie continue
Après plusieurs années d’existence sur ce blog, le projet consacré à la caractérologie se poursuit désormais sur un nouveau site :
L’objectif reste le même : faire connaître la caractérologie comme une approche sérieuse de compréhension du caractère, non comme un simple test de personnalité ou une typologie rapide.
Le nouveau site propose progressivement des articles de fond, des pages de référence, une première page pilier sur l’émotivité et un questionnaire de découverte.
Ce blog reste en ligne comme archive, mais les nouveaux contenus seront désormais publiés principalement sur :
L'émotivité (1)
Mise à jour — Le projet Caractérologie continue désormais sur un nouveau site.
Une version plus complète et actualisée de la réflexion sur l’émotivité est disponible ici :
https://caracterologie.fr/emotivite/
L'émotivité est un sujet fréquemment abordé dès que l'on parle de connaissance de soi : gestion des émotions, intelligence émotionnelle, rôle des émotions dans le management, les relations, le commerce. J'ai souvent remarqué au cours de formations, que beaucoup de personnes en parlent sans être capable de la définir, ni de la décrire précisément.
Il me semble que la première étape dans l'approche de la gestion de l'émotivité, est de bien comprendre ce que c'est, de l'identifier, d'en comprendre le fonctionnement.
Je ferai en préambule une remarque : l'émotivité est modulée dans ses manifestations par d'autres facteurs de la personnalité. Il serait trop restrictif de se contenter de chercher à comprendre une personnalité à travers son degré d'émotivité et ses modalités. Toutefois, il est clair que c'est un facteur important de la personnalité et que ses conséquences dans le comportement et les relations humaines sont importantes.
Qu'est ce que l'émotivité ?
Voici quelques définitions données par les caractérologues :
« Etre ému, c'est être troublé » Gaston Berger in Traité Pratique d'Analyse du Caractère
René Le Senne décrit ce trait général de notre vie mentale qui fait que tout événement subi par nous (perception ou pensée) provoque dans notre vie organique et psychologique un ébranlement plus ou moins fort : « l'événement agit comme un agent de déflagration ; une quantité plus ou moins grande d'énergie, antérieurement en réserve dans notre organisme, est libérée. » in Traité de Caractérologie.
« L'émotivité est la facilité à éprouver des troubles dont l'importance est hors de proportion avec les stimulations d'origine externe (évènements, situations) ou internes (pensées, sentiments) qui en sont la source » Source revue La Personnalité - 2004-46 - SIEPEC - ISSN 0247-204X
Il ressort donc que l'émotivité est cette capacité que nous avons tous à être ébranlé psychologiquement et/ou physiologiquement par une influence intérieure ou extérieure.
Nous notons également que chacun de nous a un degré d'émotivité plus ou moins marqué, un seuil d'excitabilité plus ou moins élevé.
D'autre part, les stimuli provoquant l'émotivité sont variés selon les personnes : situations relationnelles, circonstances, pensées, perceptions sensibles (musique, poésie, spectacle, pleurs, évocations, rires, odeurs...)
Etant donné la grande variabilité, il est impossible d'en établir une liste exacte.
Pour une même personne, l'émotivité peut varier (en plus ou en moins) avec la fatigue, la maladie, l'histoire personnelle (perte d'un proche par exemple).
« Cette sensibilité à l'événement qui va évoluer au cours de l'existence et qui peut être masquée ou maîtrisée bien que toujours sous-jacente, peut prendre dans la vie des formes différentes, voire opposées, de la violence destructrice jusqu'à la créativité la plus sublime et susciter souffrance ou joie intense, enthousiasme ou haine avec des passages parfois de l'un à l'autre. » Claude Guilmault - La Nouvelle Caractérologie Comportementale.
Continuons plutôt à essayer de cerner cette notion d'émotivité.
Etes-vous émotif ? Quelques symptômes
La conséquence de cette réaction organique et psychologique peut être d'intensité variable, plus ou moins durable et se traduire par des effets viscéraux intérieurs (accroissement de la conscience de l'émotion) ou par des réactions sur le monde extérieur.
La première remarque importante est que l'émotivité ne se manifeste pas forcément par des symptômes extérieurs évidents à l'observation. Elle peut rester sous forme de « crise intérieure » et se manifester par des petits signes discrets : changement de la modulation de la voix, légère mimique sur le visage, geste parasite...
Voici quelques points de repère pour détecter l'émotivité chez vous ou dans votre entourage. Encore une fois, il ne s'agit pas d'une liste exhaustive, mais plutôt de points de repères que vous pourrez enrichir par votre expérience personnelle et vos observations.
Dans ses études statistiques, René Le Senne identifie les symptômes les plus courants de l'émotivité :
utilisation de superlatifs, de mots excessifs...
On peut également trouver dans la liste des symptômes de l'émotivité :
impressionnable, subjectivité...
La personne chez qui l'émotivité est vive est souvent l'objet de tension nerveuse, de tension intérieure.
On peut également la repérer par des attitudes :
Sous l'emprise de l'émotivité, la personne sursaute à un bruit soudain, est troublée par une nouvelle imprévue, éprouve de grandes joies ou de grandes tristesses, ne peut faire un travail que s'il plaît, est très sensible à l'ambiance, prend tout très à coeur (peut se montrer facilement blessé, est susceptible en cas de critique ou au contraire heureux en cas de compliment), donne trop d'importances à de petites choses...
Voilà une première approche qui vous permettra peut-être de mieux vous y retrouver. N'hésitez pas à enrichir ces observations par vos commentaires.
Nous verrons dans un autre article, quelles sont les conséquences de l'émotivité dans les relations humaines et dans l'activité professionnelle.
L'émotivité (2)
Mise à jour — Le projet Caractérologie continue désormais sur un nouveau site.
Une version plus complète et actualisée de la réflexion sur l’émotivité est disponible ici :
https://caracterologie.fr/emotivite/
Après avoir cerné les ressorts de l'émotivité, je vous propose maintenant d'en voir les conséquences, et plus précisément les avantages et les points de vigilance. Les traits que je vais donner constituent le fond de l'émotivité mais ces effets peuvent varier en intensité et en qualité en fonction selon les circonstances, des personnes et de l'association à d'autres facteurs du caractère (activité et retentissement essentiellement).
Effet sur les capacités cognitives
L'émotivité peut vivifier les capacités cognitives ou les troubler. L'émotivité teinte l'intelligence d'intuitivité, de capacité à « sentir » les réalités avec tout le risque de subjectivité qui en découle, de fourmillement imaginatif, créatif et même de capacités artistiques. L'intelligence émotive est plus pénétrante qu'abstraite.
L'émotivité conserve à l'intelligence une capacité d'émerveillement aux perceptions, un « oeil neuf ». Elle prédispose, par exemple, au goût pour les activités artistiques.
L'émotif peut être submergé par les impressions sensibles, d'où un risque de débordement par la pression de l'environnement, par des activités multiples, un risque de dispersion, qui conduit à un trouble du jugement, du discernement et à la difficulté de prendre du recul.
L'émotivité va également influer sur le niveau de perturbation de la personne en cas d'échec.
Elle peut conduire à une mauvaise appréciation de l'importance réelle des risques, des obstacles, à un manque de réalisme, d'où le risque de se « faire une montagne » des choses.
Le « sur-émotif » peut également être déconcerté par des données nouvelles et imprévues qu'il va avoir du mal intégrer.
Effets sur la capacité d'action
Comme pour les capacités cognitives, l'émotivité peut renforcer, stimuler les capacités d'actions ou au contraire les paralyser, les amoindrir.
Par exemple, dans la conduite d'un projet où l'émotif trouve un intérêt de départ, elle peut renforcer l'énergie de démarrage, l'allant initial, elle peut être un facteur de soutien pendant la réalisation. Poussée à l'extrême, cette interaction dynamisante entre l'émotivité et l'activité peut conduire à l'usure, au surmenage, par sur-estimation des limites organiques.
Elle peut aussi avoir un effet contraire et conduisant donc plutôt à un risque d'instabilité, d'action par saccades, de désorganisation.
Elle peut entraîner un décuplement de l'activité sous l'influence d'un choc émotionnel : le sujet opère des prélèvements d'énergie sur ses réserves profondes. En cas d'évènements graves, l'émotif peut se transformer en héros. L'émotivité a dans ce cas un impact évident sur la réactivité. Il peut aussi être paralysé.
Enfin, l'émotivité peut conduire à la lassitude devant la régularité de tâches à accomplir : il faut alors varier les aspects de sa fonction pour entretenir l'intérêt
Effets sur les relations humaines
« La réponse émotionnelle, variée et contrastée souvent, mais toujours perturbatrice, suit immédiatement la stimulation » Source revue La Personnalité ? 2004-46 ? SIEPEC
Ce qui implique dans la relation humaines des risques d'irritabilité, de réactions déconcertantes pour l'entourage (éclats, bouderies, rumination affective, susceptibilité, versatilité dans les affections, agressivité).
L'émotivité donne une grande réceptivité et de la châleur dans les relations. Mais l'émotivité faisant subir fortement les influences du milieu, elle peut mettre en défaut la maîtrise de soi.
Il faut bien sûr mentionner le décalage de perception réciproque entre une personne peu émotive et une personne plus émotive. Le « sur-émotif » peut regarder le « sous-émotif » comme quelqu'un de froid, de distant, manquant d'élan, lent. Inversement, le « sous-émotif » peut regarder le « sur-émotif » comme un agité, dispersé, superficiel, peu fiable...
C'est là un facteur de nombreuses incompréhensions entre personnes. Harmoniser les relations par la mise en évidence des différences et des complémentarités est aussi le rôle d'une formation à la caractérologie.
Conclusion
Retenons en synthèse que l'émotivité peut agir de deux façons sur le relationnel, la capacité d?action et sur les capacités cognitives : dynamisante ou perturbantes.
Comme on peut le voir, l'émotivité est une richesse de la personnalité qu'il faut apprendre à connaître dans sa nature et apprendre à reconnaître dans son fonctionnement en chacun de nous. La prise en compte de l'émotivité est également incontournable dans toute approche de gestion du stress ou de gestion de l'agressivité.
C'est ce que permet une formation à la connaissance des caractères : découvrir les modalités d'action de l'émotivité en soi et chez les autres, apprendre à mieux gérer ses conséquences dans les relations et dans l'activité professionnelle. Sans oublier que la maîtrise de soi passe par une fine connaissance de soi.
Managers : Transformez votre leadership avec la caractérologie française
Une boussole pour naviguer dans la complexité humaine
Imaginez un GPS relationnel pour vos équipes : un outil simple, précis et éthique qui décrypte les motivations, freins et réactions de vos collaborateurs. La caractérologie française, c’est cette boussole. Oubliez les tests anglo-saxons rigides ou les coachings miracles à effet court terme. Cette approche, ancrée dans un siècle de recherches statistiques, vous donne les clés pour comprendre avant d’agir.
1. Le défi des managers en 2025 : trop d’outils, pas assez de clarté
Dans un monde saturé de modèles complexes (MBTI, DISC, etc.), 75 % des managers français s’appuient sur des outils qu’ils maîtrisent mal, souvent coûteux et peu adaptés. Ces approches, centrées sur des interventions rapides ou des ajustements de communication, passent à côté d’un diagnostic essentiel : la structure profonde de la personnalité.
La caractérologie change la donne. En amont des autres modèles, elle offre un cadre simple et scientifique pour comprendre ce qui drive chaque individu, rendant vos actions managériales plus justes et durables.
2. La puissance de la caractérologie : simple, scientifique, made in France
Née des travaux de Heymans & Wiersma (1908, 3 000 questionnaires) et perfectionnée par René Le Senne (1959), la caractérologie repose sur trois facteurs universels – Émotivité, Activité, Retentissement (E-A-R) – qui se combinent en huit profils clairs. En quelques minutes, vous mémorisez cette grille intuitive et commencez à décoder les comportements de vos équipes.
- Rapide : Pas besoin de licence coûteuse ni de formation interminable.
- Neutre : Un diagnostic objectif, sans jargon ni jugement.
- Pratique : Une méthode qui s’applique au quotidien pour ajuster votre leadership.
3. Pourquoi adopter la caractérologie dès aujourd'hui ?
Avec la caractérologie, vos managers acquièrent une compétence rare : observer, analyser et adapter leur approche à chaque collaborateur. Résultat ? Des équipes plus alignées, des conflits mieux gérés et un leadership éthique qui inspire la confiance.
Prêt à transformer votre management ? Découvrez notre formation pour maîtriser la caractérologie et faire de vos managers des leaders éclairés. Inscrivez-vous dès maintenant pour un diagnostic relationnel qui change tout.
Premier Podcast de caractère : émotivité et biologie
Pour approfondir la connaissance du caractère à la lumière des progrès scientifiques, je vous propose de commencer par explorer les causes biologiques de l'émotivité qui est sans doute le facteur le plus structurant du caractère.
Il est intéressant de noter qu'un auteur majeur comme Roger Muchielli avait entrevu le lien entre l'émotivité et le fonctionnement du système nerveux et endocrinien.
Tout ceci est aujourd'hui confirmé.
Bonne écoute.
Des bases réellement scientifiques
Alors que de nombreuses théories, plus ou moins psychologiques développés depuis une quarantaine d’années, avancent des
prétentions scientifiques difficiles à prouver, la caractérologie moderne voit ses fondations reposer sur un réel travail scientifique. En voici les principales étapes.
L’enquête d'heymans et Wiersma
Heymans et Wiersma bâtissent une liste de 90 questions. L’objectif est de mettre en évidence une tendance héréditaire de certains traits
psychologiques entre parents et enfants.
Parmi ces 86 questions, certaines sont doubles ou triples et classées en 6 chapitres :
Sentiments
Fonction secondaire
Intelligence
Inclinations
Divers
Le détail du questionnaire est donné en annexe du Traité de caractérologie de R. Le
Senne.
Entre 1905 et 1908, ce questionnaire est
distribué auprès de 4000 médecins néerlandais et alemands. Ils doivent répondre aux questions posées sur le caractère des membres de familles qu’ils connaissent bien.
Ils reçurent en retour 3000 questionnaires remplis, dont seulement 2523 furent retenus et dépouillés, les autres étant écartés car incomplets ou ne présentant
pas toutes les garanties de sincérité.
Le laboratoire d'Heymans
Pour la première fois dans le domaine des sciences humaines, un traitement statistique fut appliqué à ces données.
« Les statistiques hollandaises firent apparaître une courbe à 8 sommets, montrant la présence de 8 espèces caractérologiques
stables dans la population échantillon ».
Roger Mucchielli in La caractérologie à l’âge scientifique.
Afin de définir les composantes stables de ces huit types cliniques, Heymans et Wiersma poussèrent plus loin l’analyse et isolèrent trois propriétés
fondamentales et stables :
Avec un réel souci de rigueur scientifique, les deux chercheurs conduisirent une enquête biographique portant sur 110 personnes (nationalités, sexes et
professions différentes). Les résultats corroborèrent ceux de la première enquête (publication dans la revue Zeitschrift für angewandte Psychologie – Leipzig –
de 1905 à 1909).
Le détail des publications ainsi que des résultats est donné par R. Le Senne dans le Traité de caractérologie, p52 à 56.
D’autres publications en 1916 puis 1927 confirmèrent ces bases.
L’école FrancoHollandaise
R. Le Senne traduit ces publications en français en 1925, et poursuit les travaux en 1930 avec le mensonge et le caractère où il croise la
typologie de Heymans et Wiersma avec des statistiques sur le mensonge.
Ses travaux l’amènent à introduire d’autres facteurs : largeur du champ de conscience, intelligence analytique, égocentrisme et allocentrisme.
Gaston Berger publie en 1950 un questionnaire (in Traité pratique d’analyse du caractère) basé sur une formule
caractérologique à 9 facteurs (voir article sur les facteurs du caractère).
En 1959, Gauchet et Lambert reprennent tous ces travaux à la lumière des nouvelles méthodes statistiques, en particulier de l’analyse factorielle. Les trois
propriétés (émotivité – activité - retentissement) ressortent bien comme indépendants (étude de discriminabilité statistique).
« La méthode des caractérologues n’est pas sans analogie avec celle des factorialistes ; Gauchet et Lambert confirment
l’existence des trois facteurs fondamentaux de Heymans et Wiersma. » in Simone Clapier-Valadon, Les théories de la personnalité, P.U.F. 1991, coll. « Que sais-je ? », p.
60
Fondements solides et richesse humaine
Pour conclure, il ne faut bien sûr pas enfermer la caractérologie franco-hollandaise dans un domaine purement mathématique.
Si une structure solide est donnée ainsi, la part reste entière au caractérologue par son observation, par l’échange, par son expérience, par sa capacité
d’analyse et de synthèse, par son intuition de cerner ce qui fait l’originalité et la richesse d’une personnalité.
Fondements de la connaissance des caractères : 1908 la grande enquète
… ou caractérologie.
Je préfère la dénomination « connaissance des caractères » à l’appellation officielle « caractérologie » avec sa terminaison en « logie », qui
donne une connotation pas forcément positive (en référence à la numérologie, à l’astrologie…).
Pourtant, la caractérologie se situe de manière très sérieuse dans le domaine de la psychologie comportementale et différentielle, avec de
réelles bases scientifiques, de nombreux auteurs.
Voici un rapide tour d’horizon sur les fondements de la connaissance des caractères.
Les origines
La réflexion sur la structure des caractères n’est pas nouvelle. On peut la faire remonter aux travaux d’Hippocrate (Vème siècle avant JC) avec
les 4 tempéraments types, bien connus :
Par la suite, l’observation des caractères se retrouve surtout dans la littérature et la comédie à travers de
nombreux auteurs : Montaigne, La Bruyère, Molière, Vauvenargues…
C’est au cours du XIXème siècle et au début du XXème siècle que l’étude des caractères prend un tournant plus méthodique.
HEYMANS et WIERSMA : la caractérologie à l’âge scientifique
C’est en 1908, que HEYMAS et WIERSMA posent les bases de cette branche de la psychologie. Ils sont tous deux professeurs à l’Université de
Groningen aux Pays-Bas.
HEYMANS est professeur de psychologie clinique et WIERSMA est professeur de neurologie et de psychiatrie.
Ils émettent des hypothèses sur la structure du caractère, et avec une grande rigueur scientifique, ils lancent une étude statistique pour
valider ou invalider cette hypothèse.
Je vais dire quelques mots sur les caractéristiques de cette étude qui méritent d’être mis en évidence, étude qui est
3000 médecins hollandais et allemands reçoivent un questionnaire de 90 questions qu’ils posent à leurs patients et aux familles des
patients.
Cette formidable enquête va durer plusieurs années, elle sera complétée et confirmée par 400 monographies de personnages historiques.
L’analyse de la répartition des facteurs et les proportions relatives dans la population révèlent que le caractère se structure autour de 3
facteurs fondamentaux : émotivité, activité, retentissement (primaire ou secondaire). La combinaison de ces 3 facteurs donne les 8 grandes familles de caractères.
Il faut noter que cette étude de grande envergure reste une première dans le domaine des enquêtes et des statistiques de population. Elle est
bien connue des étudiants et des professionnels des statistiques.
Ces travaux ont malheureusement été ralentis par les deux guerres mondiales. Il faut attendre les années d’après-guerre pour voir une reprise des
études dans ce domaine.
Aujourd'hui : 10 facteurs pour mieux se connaître
Les 3 premiers facteurs ont été complétés par différents auteurs (René Le Senne, Gaston Berger, Roger Mucchielli…) et études complémentaires de
1945 à nos jours. Il y en a aujourd’hui 10 facteurs reconnus qui permettent d’affiner la connaissance de la personnalité.
On arrive donc non pas à une « mise en boîte » selon une grille simpliste, mais on peut aller jusqu’à une approche très fine et très riche par la
combinaison de ces facteurs.
La richesse de la typologie de Le Senne
La typologie des caractères ellaborée par Heymans et Wiersma présente 8 types de
caractères. S'arrêter là serait très réducteur.
Les travaux de Le Senne nous montrent que si chacun de ces huit types correspond à un caractèrere typique, que l'on peut rencontrer, la variation d'intensité interne et relative, des trois facteurs constitutifs que sont
l'émotivité, l'activité et le retentissement déterminent des familles de caractères plus larges.
Autour de chaque type "central" se dessine un halo de caractères bien décrits dans le Traité de Caractérologie de
Le Senne.

A ce sujet, Paul Grieger explique :
"Il ne s'agit là que des types repères, en fonction desquels le caractérologue devra se rapprocher de la description des individus. La caractérologie générale ne considère que ces types abstraits qui, en tant que tels, rassemblent des propriétés communes à des individus multiples. Dès que l'on voudra serrer l'individu, on sera amené à ajouter, à la considération du caractère d'autres propriétés, non moins congénitales, par lesquelles tel individu se distingue des autres individus du même caractère général. Il faudra donc passer, du caractère considéré dans son asbtraction, à ce tout ultérieur que l'on appellera individualité ou personnalité; en d'autres termes, le caractérologue devra viser au travers du caractère, l'originalité singulière d'un sujet donné."
in "Le diagnostic caractérologique" Editions Ligel - p77
Les facteurs du caractère
Cerner le caractère de quelqu'un passe par la découverte des principaux traits qui le composent. Les caractérologues ont donc travaillé à établir
ces traits de caractères ou facteurs. Leur connaissance est très importante car elle permet, même au débutant, d'avoir les premières clés pour comprendre une personnalité.
Je parlerai d'abord de la typologie la plus connue, celle d'Heymans-Wiersma-Le Senne-Berger.
La structure de Heymans et Wiersma
Heymans et Wiersma ont dégagé de leurs travaux trois facteurs constitutifs du caractère :
Le croisement entre ces trois facteurs donne les 8 types de base :
EnAS (ou sentimental)
EAP (ou colérique)
EAS (ou passionné)
nEAP (ou sanguin)
nEAS (ou flegmatique)
nEnAP (ou amorphe)
nEnAS (ou apathique)
Les facteurs de Le Senne et Berger
Pour compléter ce premier tableau, René Le Senne puis Gaston Berger enrichissent de propriétés complémentaires la structure d’un caractère
:
Il faut préciser que les appellations mars et venus n’ont rien à voir avec de l’astrologie. Il s’agit tout simplement d’une appellation
métaphorique de deux types de relations aux autres : affrontement ou séduction.
Autre remarque les facteurs Av, T, Is et Pi sont appelés facteurs de tendance.
Nous arrivons alors à la structure la plus répandue qui permet d’avoir une approche fine de la personnalité.
Approches complémentaires
D’autres caractérologues ont enrichit la liste de facteurs afin de la compléter mais aussi de la préciser. On peut citer les facteurs
:
in Roger Mucchielli « la caractérologie à l’âge scientifique » - Editions du Griffon
intelligence généralisante – intelligence particularisante
in Roger Maistriaux dans « l’intelligence et le caractère » éditions PUF
Enfin, R Denis et S. Torkomian (in « Caractérologie appliquée » éditions SABRI), nous donnent un
complément important en détaillant douze dispositions fondamentales du caractère, dont certaines correspondent à celles vues ci-dessus :
Plan végétatif-moteur :
Activité – non Activité (A - nA)
Masculinité – Féminité (M – F)
Sensorialité – non Sensorialité (Se – nSe)
Plan émotif-affectif :
Affectivité – non Affectivité (Af – nAf)
Sociabilité – non-Sociabilité (So – nSo)
Allocentrisme – Egocentrisme (All – Eg)
Plan réflexif-idéatif :
Energie psychique – non Energie psychique ( Ps – nPs)
Champ de conscience large – Champ de Conscience étroit (L – nL)
Intelligence sensorielle (Is – nIs)
Intelligence rationnelle (Ir – nIr)
Intelligence intuitionnelle (Ii – nIi)
Cette approche est très complémentaire de celle de Le Senne et Berger et présente de grands intérêts dans son application au champ
professionnel.
Autres classifications
Il existe d’autres classifications plus anciennes des caractères qui sont considérées comme intéressantes mais moins complètes que celles citées
ci-dessus : typologies de Ribot, Fouillée, Paulhan, Malapert.
On peut également citer d’autres typologies dans des domaines proches de la caractérologie que vous pourrez rencontrer :
Typologies psycho-somatiques :
typologie de Sheldon : viscérotonique, cérébrotonique, somatotonique,
typologie de Kretschmer : cyclothyme, schizothyme,
typologie de Pende : bréviligne, longiline,
typologie de Sigaud et Mac Auliffe : musculaire, respiratoire, digestif, cérébral
La typologie de Jung basée sur les attitudes (introverti – extraverti) et les fonctions (pensée, sentiment, sensation, intuition).
Les typologies morpho-psychologiques et planétaires.
| Facteur | Modalités | Symbole |
| Emotivité | émotif - non émotif | E - nE |
| Activité | actif - non actif | A - nA |
| Retentissement | primaire - secondaire | P - S |
| Facteur | Modalités | Symbole |
| Largeur du champ de conscience | large - non large | L - nL |
| Polarité | mars - vénus | M - V |
| Avidité | avide - non avide | Av - nAv |
| Tendresse | tendresse - sécheresse affective | T - nT |
| Intérêts sensoriels | interêts sensoriels - indifférence sensorielle | Is - nIs |
| Passion intellectuelle | forme concrète - abstraite des intérêts intellectuels | Pi - nPi |
Emotivité - Activité - Retentissement
Bien, je me lance. Un blog dédié à la caractérologie sans quelques éléments sur la fameuse typologie est incomplet. Vous trouverez
dans tous les ouvrages cités en référence bibliographique de nombreuses et riches monographies sur les types centraux de chaque famille de caractère.
Je ne vais donc donner ici que quelques éléments de base.
émotivité, activité, retentissement
Emotivité
C'est la charge nerveuse du sujet. Elle est plus ou moins forte selon que le sujet est plus ou moins émotif. C'est la capacité de réaction émotionnelle à un
événement (rire, crainte, rougissement, ...).
Tout le monde a des émotions. L ‘émotivité est la capacité à être ébranlé, à gérer ses émotions. L’émotif éprouvera des émotions plus intenses que la
moyenne.
On distingue les Emotifs (E) et les non-Emotifs (nE).
Activité
L’activité correspond à la réaction face à un obstacle, à la facilité à agir.
Est considéré comme " actif " tout individu dont le besoin régulier est " l'action ". Normalement les difficultés décuplent son besoin d'agir; il se sent une raison
supplémentaire pour poursuivre son but. Sera " inactif " celui qui agit avec peine et parce qu'il ne peut pas faire autrement, en essayant d’éviter les obstacles.
On distingue les Actifs (A) et les non-Actifs (nA).
Retentissement
C’est la manière de recevoir les impressions, soit par une réaction immédiate et brève (Primarité), soit par une réaction à retardement et prolongée, durable
(Secondarité).
Le retentissement, c'est la durée des impressions ressenties. Certains sujets ne les ressentent que brièvement (colère rapide, joie immédiate, une impression
chassant la précédente = primaire) D'autres les ressentent de façon durable et réagissent avec un certain retard (le sujet rumine, il boude = secondaire)
Un sujet primaire a des impressions rapides, brèves et en surface.
Un sujet secondaire a des réactions retardées et des impressions durables et profondes.
On distingue les Primaires (P) et les Secondaires (S).
Quelques descriptions sommaires viendront par la suite sur chacun des huits types caractérologiques.