Personnalité et analyse caractérologique
Un lecteur de ce blog me pose la question suivante :
une analyse caractérologique est-elle suffisante pour déterminer la personnalité d'un individu?
Pour y répondre, je propose de retenir les propos de quelques auteurs :
« La personnalité qui comprend le caractère d’abord, mais en plus tous les éléments acquis au cours de la vie et ayant spécifié le caractère d’une manière qui aurait pu être différente, et
enfin leur orientation synthétique. » Le Senne - Traité de caractérologie.
De même, Roger Mucchielli dans La caractérologie à l’âge scientifique explique :
« Tout comportement observable, tout sujet qu’il nous est proposé de « comprendre » est l’expression de la totalité de ces « facteurs de la personnalité » ».
On peut rappeler que dans ce même ouvrage, R. Mucchielli analyse ces facteurs de la personnalité, comprenant entre autres : le caractère, les aptitudes extra-caractérielles (intelligences et
dons), l’histoire individuelle et les événements conditionnants, le milieu culturel et historique, le cadre naturel…
La personnalité est donc la résultante non seulement du caractère mais de nombreuses autres déterminations correspondant aux multiples réalités qui emplissent la vie de chacun.
Enfin, au centre de la relation entre la caractère et la personnalité, se situe le moi. A ce sujet, Le Senne nous dit « c’est en tant qu’il use de sa liberté qu’il est le moi » Il ajoute
ensuite que cette liberté trouve une seule limite dans le caractère stable. Finalement, cette liberté « a engendré et ne cesse de susciter une personnalité toujours susceptible de croître ou
de déchoir ».
Je vous invite également à consulter l’article suivant :
http://www.caracterologie.org/article-4522797.html
Définition de la caractérologie
Un lecteur attentif de ce blog a eu la gentillesse de me faire remarquer que j’avais oublié de donner une définition de ce
qu’est la caractérologie. C’est exact et je vais tenter de réparer cet oubli.
Pour ce faire, je vais me référer au livre de Paul Grieger, « Précis de caractérologie à l’usage des éducateurs », éditions Ligel.
Paul Grieger propose dans la droite ligne de René Le Senne la définition suivante :
« la caractérologie est la connaissance des caractères si l’on entend par ce mot la structure congénitale qui sert de situation intrinsèque au moi ».
Il reprend ensuite une définition de Le Senne tirée de son ouvrage « la destinée personnelle » :
« la caractérologie est la grammaire de l’analyse de l’individu, l’individualité, la littérature de cette grammaire ; et dans la mesure où elle informera la destinée suivant sa
destination, elle est l’œuvre de la personnalité ».
Finalement, Paul Grieger définit l’objet de la caractérologie comme étant :
« l’étude méthodique et systématique de la substructure de l’individualité, c’est à dire du caractère ».
La caractérologie est donc la connaissance des caractères permettant ensuite d’arriver à l’analyse des personnalités en ce qu’elles ont de différenciées, de spécifiées dans l’originalité
individuelle.
Combinaisons des facteurs
Le premier niveau d’interprétation que l’on peut avoir en caractérologie, une fois que vous avez identifié si vous êtes
émotif - non émotif (E – nE), actif – non actif (A – nA), primaire – secondaire (P – S), c’est de croiser les facteurs.
Voici quelques exemples :
Les qualificatifs donnés ne s’appliquent pas intégralement à tous les cas. Ils donnent des tendances, des dispositions particulières. Ils sont bien sûr modulés par d’autres facteurs de
caractérologie que je décrirai plus tard.
Ce qu’il faut également retenir, c’est que dans chaque combinaison, il y a des traits de caractère qui peuvent avoir des conséquences favorables sur le
comportement et d’autres des conséquences moins favorables.
C’est un premier niveau d’interprétation qui apporte déjà beaucoup de réponses au quotidien.
Caractère et orientation professionnelle
L'ouvrage de Louise Pépin – La caractérologie et ses applications à la pédagogie et à l’orientation professionnelle –
Editions universitaires, nous donne de riches exemples sur les applications de la caractérologie. Voici une synthèse du chapître consacré aux dangers d’une orientation professionnelle
manquée. Au moment où les managers sont invités à accompagner les parcours professionnels de leurs collaborateurs dans le cadre des entretiens professionnels, ces quelques lignes peuvent les
éclairer.
1 / L’ennui
La personne qui s’ennuie trouve le travail monotone, trouve qu’il n’y a plus rien à accomplir. Le travail laisse un vide par des aptitudes inutilisées. Les routines quotidiennes nécessaires à la
bonne exécution sont acquises. La personne perçoit soit un manque d’action, soit un manque de renouvellement sur le plan psychologique.
Les perspectives professionnelles doivent se recomposer pour fixer de nouveaux buts. La stimulation vers une action est un moyen d’une reprise volontaire.
2 / L’angoisse
L’angoisse peut se manifester dans une orientation manquée, si les circonstances et contraintes rencontrées dans la fonction vont à l’encontre du caractère, et en particulier, si ce décalage
conduit à des échecs dont la personne à conscience. Le conflit entre ce que l’on est et ce que l’on voudrait être, entre les possibilités et les aspirations profondes est source de cette
angoisse. Chaque fois qu’une tendance maîtresse du caractère est contrariée, l’angoisse reparaît.
Il peut être bénéfique d’identifier les incompatibilités entre la fonction et les composantes de certains caractères. Certaines personnalités vont avoir une capacité d’adaptation et d’intégration
plus forte.
3 / Le ressentiment
Ceci peut se présenter avec certains caractères qui éprouvent un regret de ne pas avoir pu progresser plus professionnellement. Pour eux, les « jeux ont été faits » trop tôt et définitivement,
non de leur fait, mais par le jeux des institutions qui imposent des conditions d’âge, de diplômes, de parcours professionnel, de stages qui ne peuvent que difficilement se compenser à l’âge
adulte. Ils peuvent rechercher à se réaliser sur un plan différent, plutôt dans l’ordre d’une compensation sociale (action politique, action sociale, militantisme…).
4 / La compensation par le « violon d’Ingres »
La personne n’a pas réalisé l’accord entre sa vocation et sa destinée. Il pense qu’il est trop tard pour changer d’orientation. Il s’acquitte passablement de son métier et recherche
l’accomplissement dans sa vie personnelle : report de l’ambition sur les enfants, cultive une passion (littérature, histoire, association culturelle, sportive…).
5 / L’illusion professionnelle
Il s’agit de l’idée que l’on se fait d’un métier avant de l’avoir exercé effectivement. Le risque est dans la crise de désillusion douloureuse qui se produit aux premiers temps de l’exercice du
métier. On arrive à un dégoût de la profession.
Ceci est accentué lorsque l’information professionnelle n’a fait que présenter les aspects bénéfiques, gratifiants et faciles, ou que la personne n’a réalisé une cristallisation à partir d’un
seul aspect du métier (illusion déformante).
Il faut avertir des avantages réels et des inconvénients réels du métier, de la fonction. Le plus sûr est de mettre en contact avec la pratique professionnelle sur le terrain (stage). Il faut
également faciliter les débuts et les succès dans le poste.
Dans tous les cas, une connaissance fine du caractère de la personne est un atoût pour la conseiller dans son orientation.
Relations entre le caractérologue et la caractérologie
« Robert Maistriaux donne un exemple d’expérimentation caractérielle conduite avec rigueur, patience et précision. Mais en même temps, il n’oublie jamais les limites de l’analyse mathématique en
matière de compréhension humaine. De là chez lui, ce va et vient incessant entre l’analyse quantitative des facteurs caractériels et l’intuition en profondeur des réalités singulières.
N’est ce pas là un mouvement d’oscillation qui donne aux démarches du psychologues leur authenticité ? »
Ce paragraphe d’Edouard Morot-Sir, extrait de la préface de l’ouvrage l’Intelligence et le Caractère de Roger Maistriaux (Collection Caractères – PUF – 1959), résume bien l’état
d’esprit du caractérologue et la relation qu’il entretient avec son domaine de connaissance.
La caractérologie se trouve à un point d’équilibre entre le souci d’honnêteté et de rigueur scientifique et la conscience vive que la connaissance des hommes ne repose pas que sur une approche
purement rationnelle et cartésienne. La catégorisation en classes statistiques ne rendra jamais parfaitement compte de la richesse et de la complexité des personnalités.
Finalement, la caractérologie trouve sa consistance dans l’Idiologie que René Le Senne commença à décrire dans son traité de caractérologie.
Comment concilier ces deux facettes de la caractérologie qui peuvent sembler contradictoires ? D’un côté objectivité scientifique et de l’autre intuition
subjective…
L’unité de la caractérologie se trouve dans l’observation de la réalité. Qu’elle soit le fait d’une enquête avec traitement statistique ou le fait d’un entretien entre deux personnes, l’approche
du caractérologue repose sur l’observation et donc sur une démarche préalablement inductive.
La caractérologie peut donc revendiquer le qualificatif de réaliste.
C’est finalement ce qui doit rassurer le caractérologue : la caractérologie n’est pas un système d’interprétation qui enfermerait l’humanité dans des catégories cloisonnées, mais
les résultats des travaux scientifiques donnent au caractérologue des points de repère, des tendances qui permettent d’éviter dérives et fantaisies dans ses appréciations.
Finalement, que faut-il pour devenir un caractérologue ? Il faut apprendre à observer mais il faut aussi affiner la connaissance des travaux de nos prédécesseurs. La caractérologie est exigente :
elle n’ouvre sa richesse qu’au fur et à mesure du travail de confrontation entre les observations personnelles et les travaux consignés dans les nombreux ouvrages.
C’est ce mouvement d’oscillation dont parle Edouard Morot-Sir qui enrichit le caractérologue et qui rend la caractérologie passionnante et si proche des réalités humaines.
Le caractère
Définition du
caractère
Commençons par la définition donnée par René Le Senne :
« Le caractère signifie l’ensemble des dispositions congénitales qui forme le squelette mental d’un homme ». Il ajoute : « ce caractère est
solide et permanent »
in Traité de Caractérologie – Editions PUF
« Il assure l’identité de l’être humain à travers la durée », « Il est à la charnière de l’organique et du mental »
Louise Pépin – La caractérologie et ses applications – Editions Universitaires
« Le caractère, schème dynamique de la manière d’être au monde, antérieurement à toutes les spécifications, évolue selon les lois propres de sa
structure, et ceci nous conduit fort loin d’un fixisme ridicule dans lequel on a voulu souvent enfermer la définition du caractère »
Roger Mucchielli – La caractérologie à l’âge scientifique – Editions du Griffon
Paul Grieger, dans Le diagnostic caractérologique – Editions Ligel, attire notre attention sur trois
niveaux d’acception possibles du mot caractère :
- sens moral et fort : utilisé pour désigner ce qu’un individu peut devenir, à travers des expressions
telles que « il a du caractère ».
- sens psychologique large : il ne désigne pas toute la personnalité, mais ce qui singularise ou
individualise, souvent à travers la description des conduites humaines (Exemple : les caractères de La Bruyère).
- sens caractérologique étroit : ensemble des dispositions natives qui inclinent un individu toujours
dans le même sens.
Il explique également que le caractère est le fondement de la personnalité, marquée dès la naissance. La première couche sur laquelle le reste
s’édifiera.
S'intéresser au caractère revient donc à s'intéresser à la personnalité de ceux qui nous entourent afin de mieux les comprendre.
Caractère et personnalité
« La personnalité est la résultante du caractère et de tout ce que les circonstances qu’il a permises lui ont apporté, les influences naturelles
et sociales, particulièrement celle de l’enfance, de la famille et de la formation professionnelle. »
Louise Pépin – La caractérologie et ses applications – Editions Universitaires
Ce même auteur nous dit que la
marge de progression se situe d’un homme ou d’un enfant se situe dans l’écart qui existe entre le caractère et la personnalité, marge qu’il faut utiliser et valoriser.
La caractérologie n'est donc pas quelque chose de figé qui consiste à classer des personnes dans des catégories de façon définitive. Toute sa
richesse découle de la façon dont elle va permettre d'accompagner le développement des richesses de chaque caractère et d'aider à en prévenir les défauts.
Enfin, le caractérologue ne doit jamais oublier que le caractère n'existe que dans la personne qu'il a en face de lui avec tout ce qui la
distingue des autres personnes.
Nous sommes bien loin d'une approche mécanique et systématique de la personnalité et des relations humaines.
Donner le goût de la psychologie aux managers : apprendre à observer
Lorsque j’interviens dans les entreprises, je plaide toujours pour que les managers apprennent à observer leurs
collaborateurs pour mieux les connaître. Il ne s’agit pas de transformer les managers en spécialistes de la psychologie mais de leur en donner les bases fondamentales dans leur activité et
surtout de leur en donner le goût, ce qui n’est pas évident au premier abord.
Pour leur donner ce goût
de la psychologie, qui va enrichir leur management et la personnalisation des relations dans leur équipe, je
m’attache à leur apporter les points de repères indispensables en matière de connaissance des caractères, et surtout à leur apprendre à observer et décrypter les comportements et réactions au
quotidien.
La première étape est d’être capable de repérer et de mettre des mots sur ce qui se passe au lieu d’avoir l’impression de subir les réactions des
uns et des autres, sans savoir trop ni pourquoi, ni comment…
Cet exercice de l’observation des caractères et de l’enrichissement quotidien à travers les échanges habituels est quelque chose qui en général
leur parle, démystifie le côté psy compliqué, et reste concret et réaliste.
Pour illustrer mes propos, je vous rapporte les remarques de deux spécialistes de la psychologie :
Alfred BINET, un des fondateurs de la psychologie d’observation et d’expérimentation, demandait dès 1908
qu’on entraîne les futurs psychologues à « l’observation et à l’expérimentation, de les inviter à observer eux-mêmes dans des cas précis, à débrouiller l’écheveau d’un phénomène ».
Quelques décennies plus tard, Roger MUCCHIELLI, va dans le même sens :
« Apprendre à regarder et à écouter, apprendre à décrire, semble effectivement la tâche première de tout enseignement de la
psychologie. De ce point de vue, on est endroit de se demander si cet enseignement ne faillit pas à sa tâche en cherchant trop souvent à faire apprendre des théories, des conceptions générales
explicatives, ou à entraîner les étudiants à interpréter les phénomènes plus qu’à les observer. Expliquer à partir de théories toutes faites et interpréter en fonction de clés considérées comme
des vérités définitives, ne développe en aucune façon l’attitude scientifique. En psychologie, comme en toute science, l’activité fondatrice du savoir est l’observation des phénomènes
».
in « L’observation psychologique et psychosociologique » - Roger MUCCHIELLI – éditions
ESF.
Il me semble que ces remarques pourraient s’appliquer aussi à l’initiation psychologique en entreprise.
Entretien sur la caractérologie
Blog ANTHELIA : Pourquoi vous-êtes vous intéressé à la caractérologie ?
Olivier ARNAULT : La caractérologie se penche sur la question suivante : en quoi avons-nous des personnalités différentes ?
Je crois que c'est une question qui s'est posée à nous tous à un moment ou à un autre.
La connaissance des caractères amène des réponses à cette question dans la mesure où elle étudie les facteurs constitutifs du caractère et qu'elle donne une description de leur variabilité et de leur mode d'influence des comportements.
Pour être un peu technique, elle fait partie du domaine de la psychologie différentielle.
Blog ANTHELIA : Comment vous êtes vous formé à la caractérologie ?
OA : Au début de mes recherches pour approfondir mes connaissances dans ce domaine, j'ai rencontré des personnes très compétentes, prêtes à partager leurs connaissances et transmettre leur expérience persuadés que le développement de la caractérologie contribue à l'amélioration des relations humaines.
J'ai plus particulièrement été formé par Claude GUILMAULT qui a développé et appliqué la caractérologie dans de nombreuses entreprises françaises pendant 20 ans, sous l'impulsion de Jean GRIMAL.
Il y a ensuite une très riche bibliographie qui permet d'en approfondir toutes les facettes.
Enfin, s'intéresser aux caractères est une école de la connaissance des personnes qui nous entourent. La caractérologie conduit à réellement s'intéresser à elles, à essayer de mieux les connaître, les comprendre. C'est une école d'humanisme et une école de relations humaines.
Blog ANTHELIA : Vous proposez des interventions en caractérologie. A qui s'adressent-elles ?
OA : En premier lieu, je dois dire qu'elles s'adressent à toute personne soucieuse de mieux se connaître et des mieux connaître les autres pour harmoniser les relations humaines.
En entreprise, dans le domaine médico-social, la caractérologie trouve ses applications dans :
- la communication interpersonnelle : prendre en compte les personnalités pour mieux communiquer et prévenir les difficultés.
- l'évolution des comportements managériaux : la découverte de son caractère révèle les dispositions naturelles au management, qu?il faut connaître pour s?appuyer dessus, et met en évidence des points de progrès ou des points de vigilance. C?est sans aucun doute un facteur de confiance en soi.
- la gestion de l'agressivité et des conflits : domaines pour lesquels la caractérologie aide à aborder la dimension psychologique avec plus de sérénité.
- la gestion de l'émotivité : la caractérologie apporte des réponses précises et concrètes sur ce sujet. En effet, la prise en compte de l'émotivité comme facteur structurant de la personnalité, est une des bases de la caractérologie dès ses débuts.
- l'orientation et le recrutement : elle apporte un éclairage précieux pour valider des profils, des choix professionnels.
- l'accompagnement personnalisé : pour travailler à mieux connaître et à mieux mettre à profit tous les traits de son caractère.
Enfin, il m'est arrivé plusieurs fois, sur demande, de réaliser des conférences sur la connaissance des caractères des enfants pour aider des parents soucieux de mieux prendre en compte la personnalité de leurs enfants. Quand on est passionné, on en parle même le week-end !
Connaissance de soi en entreprise et caractères
En matière de management et de communication, maîtriser des outils, des méthodes, comprendre des principes est, bien sûr, fondamental mais insuffisant.
Un des facteurs influençant les comportements est la personnalité. Celle-ci va donc influer, moduler la façon dont chacun va s’approprier, mettre en œuvre les principes de management et de communication au sein des équipes.
Intégrer cette dimension personnalité dans des actions de conseil et de formation en
management et communication me paraît donc incontournable.Toutefois, pour avoir « testé » un certain nombre d’outils, de concepts disponibles, il m’est apparu que la pertinence n’est pas toujours au rendez-vous.
Voici les critères que j’ai retenus pour avancer :
- cette approche doit être concrète, correspondre aux observations que l’on peut faire au quotidien,
- il doit y avoir la possibilité de donner des points de repère simples pour des hommes et des femmes de terrain (simples sans être simplistes), et la possibilité d’approfondir pour accéder à une connaissance plus fine de la personnalité,
- cette approche doit être solide : dans le domaine de la connaissance de soi, les méthodes sont tellement disparates, hétéroclites et difficiles à cerner. Aussi, ai-je été vigilant dans l’étude des fondements scientifiques et des hypothèses retenues qui sous-tendent les différentes théories.
A ces éléments sont venues s’ajouter des observations personnelles. Je me suis aperçu que souvent mes interlocuteurs parlaient du caractère. On me dit souvent dans mes interventions :
« il faut s’adapter aux caractères »
bien sûr souvent :
« oh, celui-la, il n’a pas un caractère facile… »
Finalement, j’ai cherché des informations sur les caractères et j’ai découvert une base de connaissance riche répondant à mes attentes : la caractérologie.
Pourquoi connaître les caractères ?
C’est très riche et beaucoup plus large que de nombreux tests qui servent par exemple au recrutement. Ceux-ci, ayant un champ d’application très spécifique, sont d’un intérêt plus restreint lorsque l’on travaille sur de la connaissance de soi.
Au contraire, la caractérologie prend en compte la totalité de la personnalité, ce qui fait que la découverte de la structure de son caractère peut trouver des applications aussi bien dans le champ de la vie privée que de la vie professionnelle.
En quoi la connaissance des caractères peut-elle nous éclairer ?
Que va nous apprendre la caractérologie sur nous même et sur les autres ? Je vous donne ensuite quelques exemples de ce que l’on peut identifier. Cette liste est bien sûr non-exhaustive.
maîtrise de soi, impulsivité, stabilité émotionnelle, anxiété, réactivité, adaptabilité et aisance relationnelle, initiative, persévérance, dispositions à déléguer, contrôler, disposition aux scrupules, capacités dans la communication (écoute, souci de l’autre…), capacité à entraîner, rigueur, régularité, organisation, capitalisation sur l’expérience, comportement dans le situations conflictuelles, capacité à prendre du recul ou syndrome « nez dans le guidon », perception du risque, réaction face aux obstacles…
Connaître les caractères au quotidien
Lorsque l’on découvre les caractères et qu’on en a compris le fonctionnement, on est tenté de chercher à mettre toutes les personnes que l’on rencontre dans une case. Ceci ne dure pas très longtemps, car, en exceptant certains que l’on identifie bien comme étant typique de telle ou telle famille parmi les 8, on comprend vite que l’utilité est beaucoup plus fine.
On va, par exemple, apprendre à
identifier certains facteurs prépondérants chez nos interlocuteurs, on va comprendre comment la combinaison de ceux-ci structure certains traits de la personnalité. On va ainsi prévenir d’autres
tendances possibles génératrices de tensions dans les relations, on va mieux savoir comment s’y prendre avec telle ou telle personne, on sera moins surpris voire démuni devant certaines
réactions…On va par exemple savoir que le silence d’un secondaire peut être aussi révélateur que l’ «explosion» d’un primaire.